Le défi de la Vivaldi: un programme crédible

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Jeudi prochain, la Vivaldi doit présenter sa déclaration de politique générale. On reste prudent sur un heureux dénouement pour cette coalition. La semaine écoulée, sous haute tension, a prouvé que la confiance entre les partenaires reste faible et qu’une sortie de route de dernière minute reste possible.

De même, le programme gouvernemental, au cœur des négociations en cours sous la houlette des formateurs Paul Magnette et Alexander De Croo, est encore susceptible d’évoluer. Mais, de ce que l’on en sait, il reste assez vague et contient plusieurs échéances, dont beaucoup sont fixées au terme normal de la législature (en 2024), voire bien au-delà. C’est le cas de la sortie du nucléaire en 2025, du « verdissement » puis de la suppression des voitures de société (à partir de 2026), d’une réforme fiscale, de la réforme de l’Etat (toutes deux pour 2024), de l’assainissement des finances publiques, sans parler des objectifs de taux d’emploi ou de réduction des émissions de CO2 (à l’horizon 2030).

Politiquement, ce sont autant de dossiers sensibles qui promettent de belles foires d’empoigne pour une équipe dont la cohésion ne sera sans doute pas la qualité première. La stabilité d'un gouvernement ne se décrète pas, elle s'éprouve. Ce ne sont pas les occasions qui vont manquer.

Le danger des échéances est qu’elles ne sont pas toujours – pas souvent même – respectées.

Il est évidemment normal qu’un programme gouvernemental soit échelonné sur toute la durée de son mandat et que tous ses détails ne soient pas finalisés à l'avance. Il est heureux et souhaitable qu’il renvoie à des objectifs qui dépasse sa date de péremption annoncée. On a suffisamment reproché aux politiques d’avoir les yeux rivés sur la prochaine élection, de baser leur travail sur du court-termisme sans vision. Certains sujets (une politique climatique par exemple), nécessitent légitimement du temps pour être mis en oeuvre.

Mais le danger des échéances est qu’elles ne sont pas toujours – pas souvent même – respectées. Rappelons que le RER devait être mis en service en 2012. Que la sortie du nucléaire devait intervenir dès 2015. Que la régularisation fiscale, adoptée en 2003, était censée être une déclaration libératoire « unique ». On attend donc la Vivaldi au tournant.

Quand on fixe une échéance, elle doit être crédible et il faut s’y tenir. Faute de quoi on reste dans l’effet d’annonce. Et un programme gouvernemental ne peut pas être du pur marketing politique. Il ne s’agit pas de distribuer des trophées que chacun des partis en présence pourra brandir à ses militants. Autrement dit, il faudra ensuite passer aux actes, travailler, préparer, concrétiser. Ce qui veut dire que les premiers jalons devront être posés rapidement. La crédibilité de la Vivaldi – et plus généralement celle de l’action publique – en dépend.

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