Le Fédéral à l’épreuve de la solidarité après les inondations

L'appel est lancé. Deux mois après les inondations qui ont dévasté le sud du pays, la solidarité fédérale a du mal à se mettre en place. Une anomalie?

Pointé du doigt par les sinistrés aux premières heures des inondations de la mi-juillet dans le sud du pays pour sa réaction jugée trop tardive au niveau de la mobilisation des moyens de secours, le monde politique wallon semble aujourd’hui répondre présent. À l’image de la Flandre, le gouvernement wallon a décidé de venir aussi en aide aux sinistrés de la mi-juillet non assurés ou mal assurés en finançant la reconstruction de leur habitation, en offrant des primes pour le rachat de biens ou en les aidant dans la recherche d’un nouveau lieu de vie.

Certains qualifieront cette décision d’injuste en arguant que ces personnes avaient fait le choix de ne pas s’assurer. D’autres diront que les zones inondables étaient connues. C’est sans doute en partie vrai mais l’affirmer c’est méconnaître aussi la réalité sociologique du terrain et des personnes frappées par la catastrophe. Un cas n’est pas l’autre ! Et au-delà du simple mécanisme assurantiel, il y a des réponses qui s’imposent. Il est par exemple logique que la solidarité de la société belge dépasse le simple cadre contractuel, tout comme il est logique que la société plurielle se mobilise pour venir en aide aux victimes, même si certaines avaient fait le choix de ne pas s’assurer.

Il est logique que la solidarité de la société belge dépasse le simple cadre contractuel, tout comme il est logique que la société plurielle se mobilise pour venir en aide aux victimes, même si certaines avaient fait le choix de ne pas s’assurer.

Tout cela coûtera à la société. Pour financer ces aides, le gouvernement wallon va mobiliser près de 2,5 milliards d’euros.

Une question n’a cependant pas encore pu être tranchée cet été. Face à cet élan de solidarité citoyen et la mobilisation du gouvernement wallon, quel rôle doit jouer le Fédéral? Tout le monde se souviendra de la promesse faite par le Premier ministre au lendemain des inondations et de cette main tendue du Fédéral afin de venir en support aux gouvernements régionaux. Mais voilà, deux mois après la catastrophe, cet engagement met du temps à se concrétiser et on ne voit toujours pas arriver la stratégie que le gouvernement De Croo entend mettre en place pour venir en aide aux zones sinistrées.

Cette absence de positionnement est d’autant plus surprenante qu’en Allemagne, où les inondations ont aussi causé d’énormes dégâts, l’autorité fédérale et l’ensemble des Länder se sont mobilisés dès la mi-août pour financer un fonds commun de solidarité de 30 milliards d’euros pour venir en aide aux sinistrés.

La Wallonie, elle,  attend toujours un positionnement du Fédéral. Cette lenteur n’est pas sans risque de cultiver cette impression que la Wallonie compte bien peu au sommet de l’État. Elle est pourtant en droit d’attendre du Fédéral un effort de solidarité.

Inondations à Trooz, le zoning de Prayon vu du ciel [Drone]

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