Le marteau et l'enclume

Journaliste

Les ambitions du pacte d’excellence sont mises à mal par les exigences des deux grands partis francophones. Aujourd'hui, c'est le volet gouvernance qui est en danger.

On a presque envie de la plaindre, Marie-Martine Schyns. Tant la mise en œuvre du pacte d’excellence semble laborieuse. Un vrai chemin de croix… Elle doit en avoir l’habitude, direz-vous. On ne parle pas du "c" de cdH (qui d’ailleurs veut dire "centre"). On vous parle plutôt des batailles de clocher (restons dans la métaphore) qu’elle subit tout au long de la mise en œuvre de ce pacte. Tensions entre les réseaux, rivalités entre enseignants et directions, tensions entre syndicats et pouvoirs organisateurs, rivalités entre piliers aussi. Et entre partenaires de gouvernement, même si Marie-Martine et Rudy (Demotte) tentent tant bien que mal d’afficher une image de meilleurs potes de cour de récré. Et pour en rajouter aujourd’hui une couche, tensions entre majorité et opposition.

Le MR, fort de la toute-puissance soudainement acquise, a décidé de ne pas céder d’un iota sur ses exigences.

Mais que vient faire l’opposition là-dedans, demanderez-vous? C’est que, pour concrétiser un des piliers de base du volet "bonne gouvernance des écoles", il fallait voter un texte (celui de la scission des pouvoirs régulateur et organisateur de la FWB) à la majorité des deux tiers. Avec l’appui de l’opposition, donc. Et de préférence le MR, sinon on se retrouve juste. Très juste. Mais le MR, fort de la toute-puissance soudainement acquise, a décidé de ne pas céder d’un iota sur ses exigences (qui sont en droite ligne avec la bonne gouvernance et la rationalisation jugée nécessaire dans la fonction publique). Il ne dérogera pas à son programme, lui qui doit déjà subir la réforme du tronc commun (qu’il exècre).

PS et cdH auraient dû s’en douter. Schyns le savait. Elle se retrouve coincée entre ces deux poids lourds encombrants (36 sièges pour le PS, 30 pour le MR). Le PS a gagné le bras de fer et maintient l’engagement de 80 fonctionnaires de plus, au grand dam du MR. Mais le prix risque d’être lourd à payer pour le pacte d’excellence, qui risque de perdre une partie de son sens sans une réforme de la gouvernance. Tout ça pour 80 fonctionnaires de plus. 80. Une poignée face aux 150.000 fonctionnaires (y compris enseignants) de la FWB. Tout ça pour ça, vraiment?

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