Le message du patron

Journaliste

Emmanuel Macron a traversé la première crise de son quinquennat, et en sort avec un nouveau gouvernement pas si différent de l'ancien. Son attachement à la verticalité du pouvoir paiera-t-il aux élections européennes?

S’il y a bien une chose que l’on peut reconnaître à Emmanuel Macron c’est son opiniâtreté. À la carte de l’exécutif français, le menu n’a pas été changé. Il n’y a qu’en cuisine – comprendre au gouvernement – que la composition de la brigade a été modifiée. En dépit du départ de deux ministres de poids, Nicolas Hulot et Gérard Collomb, le chef suprême a fait passer un message des plus clairs. Non seulement le cap ne sera pas modifié mais la méthode dite verticale sera maintenue.

Tout indique que le jeune président français n’a pas encore l’intention de mettre de l’eau dans son vin.

Durant la campagne présidentielle le candidat Macron avait d’ailleurs averti qu’il préférait l’exercice d’autorité allant du bas vers le haut à celle de l’horizontalité, soit celle consistant à approcher le compromis par la voie du dialogue. La France était prévenue, syndicats compris.

Dans son numéro du 11 octobre, au milieu d’un remaniement qui commençait à tirer en longueur, usant au passage l’inspiration des meilleurs analystes politiques, l’hebdomadaire Le Point avait fait sa couverture sur Macron en titrant "Le teigneux". Pour irrévérencieux qu’il soit, le titre collait aux réalités. Si un François Mitterrand avait jugé bon en son temps d’infléchir sa politique, par exemple en nommant Michel Rocard à Matignon, tout indique que le jeune président français n’a pas encore l’intention de mettre de l’eau dans son vin.

Cependant que les Français de droite et de gauche, bien plus qu’un remaniement cosmétique, attendent surtout des résultats, sur le front du chômage ou du pouvoir d’achat. Faute de quoi Emmanuel Macron sera peut-être contraint de reconsidérer sa boussole, incidemment lors des prochaines élections européennes en mai. Pour la première fois depuis le début du quinquennat les Français vont pouvoir exprimer par les urnes un possible décalage horaire avec le "maître des horloges".

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