Le monde à l’envers

©Nima Ferdowsi

Des Américains qui redécouvrent les vertus de l’épargne. Des Chinois qui, de leur côté, deviennent petit à petit des accros du shopping. Cherchez l’erreur. C’est le monde à l’envers. Et pourtant, la tendance est là. Encore incertaine, mais elle se dessine lentement.

Bruxelles (L'Echo) - Aux Etats-Unis, les graphiques du taux d’épargne, en pourcentage du revenu disponible, sont particulièrement frappants. En mai dernier, le cap des 6 % a été franchi, du jamais vu depuis 14 ans. Refroidi par la crise, le consommateur américain réfrène singulièrement ses ardeurs et soigne -enfin- son désendettement.

Côté chinois, la crise est également passée par là. Les exportations affichent un recul de 23 % sur un an. Mais, soutenues par les autorités chinoises, les ventes de détail progressent de 15 %.

Le grand rééquilibrage est-il en cours? Après tout, c’est le couple «Chinamerica» qui, d’une certaine manière, nous a mis  dans le pétrin. Pendant des années, les Chinois ont déversé leurs produits sur des Américains toujours prêts à dégainer leur carte de crédit.

En contrepartie, les Chinois recyclaient massivement leur argent dans les bons du Trésor américain. Une situation instable. Intenable. Et qui a eu notamment pour conséquence un effondrement des taux de rendement obligataires. Ce qui a poussé les banques à chasser un meilleur rendement sur d’autres terres, celle des crédits hypothécaires «subprime». Avec toutes les conséquences néfastes que l’on connaît.

Un inversement de tendance serait le bienvenu. Paradoxalement, à court terme, la hausse de l’épargne dans le pays de l’oncle Sam et le reflux des exportations de produits «made in China» constituent plutôt une mauvaise nouvelle pour la croissance mondiale. Certains en viennent même à se demander si le gouvernement chinois pourra atteindre sa cible d’une croissance de 8 % de son produit intérieur brut. Mais aussi pénalisants soient-ils à court terme, ces ajustements apparaissent plus que jamais nécessaires. Afin d’éviter d’autres crises dans le futur.

par Marc Lambrechts
Rédacteur en chef adjoint

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