Le MR laissera-t-il à la gauche le monopole sur l'environnement?

Rédacteur en chef

Le PS a compris qu’il n’était plus question de laisser aux verts le monopole de la cause environnementale. Pour le MR, on se demande plutôt s’il ne va pas louper le train.

Peut-on avoir 175 ans et l’avenir devant soi? Le Mouvement réformateur francophone et l’Open Vld flamand répondent "oui" en chœur, à l’heure de célébrer ensemble les 175 ans du parti libéral belge dont ils sont les héritiers.

Georges-Louis Bouchez et Egbert Lachaert nous disent notamment que la défense des libertés est une mission aussi importante qu'actuelle, parce que les menaces pesant sur ces libertés, qu’elles soient populistes, fondamentalistes ou autres, sont au moins aussi fortes qu’à l’époque. Les deux figures de proue libérales ont raison d’y insister.

Ceci dit, au-delà de cette mission fondatrice et fondamentale, côté francophone, il n’a pas toujours été simple de situer la ligne du parti libéral, ces dernières décennies. Tantôt plus social, tantôt plus droitier, tantôt plus progressiste, tantôt plus conservateur, tantôt plus élitiste, tantôt plus populaire, le MR a oscillé au gré de la personnalité de son président. Pour un parti invitant tout un chacun à prendre son destin en main, ce n’est pas aberrant, mais ça n’aide probablement pas à vous fixer dans le paysage mental de l’électeur.

Ce flou tient notamment au fait que le MR n’a personne sur sa droite. Puisque le reste de la Belgique francophone s’affronte sur la moitié gauche du terrain électoral, le MR joue tout seul dans son coin. Il se fait des passes à lui-même, il peut jongler autant qu’il veut et tenter des figures risquées, ce n’est pas bien grave, puisque personne ne vient le chercher dans sa zone. C’est confortable, mais c’est aussi piégeux: ça ne vous pousse pas à fixer votre système de jeu.

Pour exister demain, défendre la classe moyenne ne suffira pas.

Côté flamand, c’est plus clair. Il y a du monde à droite et ceci n’est pas sans lien avec la ligne libérale progressiste d’un Open Vld, par opposition au courant conservateur d’une N-VA.

Du coup, il nous semble que le parti libéral francophone passe beaucoup de temps à critiquer ses adversaires de gauche et pas assez à agir comme force de propositions, d’innovations, de transformations. Pour un parti “réformateur”, il serait peut-être intéressant d’essayer l’inverse, dans la mesure où sa posture anti-gauche ne semble pas vraiment payante dans les suffrages.

Pour exister demain, défendre la classe moyenne ne suffira pas. Par exemple, que pense-t-on au MR des défis environnementaux? S’en empare-t-il comme d’un enjeu majeur, prometteur économiquement et où il aurait un rôle à jouer, ou les laisse-t-il à d’autres formations politiques au nom d’une posture anti-Ecolo dépassée? Le PS a compris qu’il n’était plus question de laisser aux verts le monopole de la question environnementale. Pour le MR, on se demande plutôt s’il ne va pas louper le train.

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