Le nouveau Tractebel est à Londres

©Nima Ferdowsi

Après la fusion entre GDF et Suez, qui a vu l’État français devenir actionnaire à plus de 35 %, le rapprochement avec International Power va diluer encore un peu plus le caractère belge du groupe GDF Suez.

Mécaniquement, l’opération réduit la part des activités belges au sein du groupe – malgré tout le poids qu’elles représentent encore dans notre pays. Sans compter que pour améliorer son bilan, GDF Suez, qui s’est déjà retiré de Fluxys et d’Elia, prévoit de nouvelles cessions, notamment dans les intercommunales mixtes en Belgique.

 

Par dessus tout, l’opération va recréer un véhicule de développement dans l’énergie à l’international, coté séparément, à l’image du Tractebel des années 90 qui était reparti à la conquête du monde.

Mais cette fois, les Belges risquent fort de ne plus jouer de rôle clé dans la destinée de ce Tractebel nouvelle mouture, qui s’appelle International Power et est coté à Londres.

 

Certes, c’est un Belge, Dirk Beeuwsaert, qui va en présider le conseil d’administration, une fois les actifs internationaux de GDF Suez avalés. Mais dans trois ans, l’homme atteindra l’âge de la pension, et il occupe dans International Power une fonction non exécutive, le poste de CEO revenant à Philip Cox, actuel PDG de la société britannique.

GDF Suez, qui détiendra 70 % du capital, affirme que la stratégie dans l’énergie à l’international restera du ressort du siège du groupe à Bruxelles.

Mais l’expérience a montré que ce type de promesses pouvait s’accompagner d’une date de péremption assez rapprochée — d’autant plus que l’accord prévu entre le gouvernement belge et GDF Suez n’a pas pu être traduit dans les temps en un texte de loi. Et le précédent de Suez Environnement enseigne qu’un pôle coté en Bourse, avec des actionnaires minoritaires, acquiert immanquablement une certaine autonomie…

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