Le Pac-Man pharmaceutique

Teva cible Mylan pour garder son leadership.

Jusqu’où ira le mouvement de concentration dans le monde pharmaceutique? Au vu des péripéties des dernières semaines, on serait bien en peine de le dire. Mais il n’est visiblement pas près de s’arrêter. Sur la seule année 2014, les fusions-acquisitions entre laboratoires ont atteint un montant record: 273 milliards de dollars, dont plus de 100 milliards pour les seuls producteurs de médicaments génériques.

Si les grands laboratoires se concentrent sur les pépites qui leur permettront d’exploiter des créneaux d’activité à haute valeur ajoutée – oncologie, maladies rares… –, les fabricants de génériques sont obligés de grandir pour continuer à engranger les revenus qui agréeront leurs actionnaires.

À ce petit jeu, on en arrive vite à une situation où l’on ne sait plus très bien qui est le chasseur et qui est le gibier. De quoi remettre au goût du jour Pac-Man, le fameux jeu vidéo du début des années 80 consistant à déplacer un personnage en forme de rond jaune dans un labyrinthe et à lui faire manger des pac-gommes tout en évitant d’être avalé par des fantômes.

Après avoir absorbé Omega Pharma, Perrigo est ciblé par Pac-Man Mylan. Mais le fantôme Teva est déjà dans les parages.

Après avoir absorbé Omega Pharma, Perrigo est ciblé par Pac-Man Mylan . Mais le fantôme Teva est déjà dans les parages et lorgne avec concupiscence son grand concurrent américain.

Comme souvent, les offres sont "non-sollicitées". Elles ne sont donc pas amicales, mais leur caractère hostile n’est que latent. Dans le cas de Teva, la motivation fondamentale est claire: pas question de laisser Mylan devenir calife à la place du calife, autrement dit de se faire détrôner par un concurrent direct boosté par un Perrigo qui s’est, en outre, ouvert pas mal de portes en Europe en absorbant Omega Pharma.

Gorgés de liquidités, les laboratoires cherchent en permanence les moyens de les valoriser au mieux. Teva s’est diversifié depuis cinq ans en rachetant des entreprises disposant de médicaments sous brevet. Le groupe israélien revient à ses premières amours. Et non content d’avaler un concurrent direct, il se verrait bien absorber le futur producteur d’une version générique de son traitement phare qui lui rapporte encore plus de 4 milliards de dollars par an. Manger ou être mangé…

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