Le paradoxe bruxellois

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Quel paradoxe: Bruxelles, la ville dont le nom est devenu le symbole de l'Union européenne à travers le monde, s'enfonce dans un marasme sans précédent, sous les yeux assez indifférents des deux autres régions.

Il y a quelques mois, les responsables bruxellois se sont dits émus et choqués par les commentaires du journaliste français Jean Quatremer qui, dans un article intitulé "Bruxelles, pas belle", énumérait les maux qui frappent notre capitale. Il était pourtant difficile de lui donner tort. Certes, la démographie galopante et la paupérisation des habitants qui en est la conséquence peuvent être considérées comme échappant à tout contrôle. Mais la saleté, l'abandon de certains quartiers, le manque de projets urbanistiques ambitieux, la mobilité désastreuse... ne sont en revanche pas "la faute à pas de chance".

Courtisée par l'Europe, par l'Etat fédéral et par la Flandre, Bruxelles est pourtant une région mal aimée. Ses habitants les plus riches s'éloignent de son centre et les navetteurs attirés par ses administrations et ses quartiers généraux d'entreprises ne sont pas prêts à sauter le pas de venir y habiter –ni d'y dépenser leur argent. Bruxelles a longtemps été la laissée pour compte des réformes de l'Etat, et quand on s'aperçoit (avec effroi?) de la situation inextricable dans laquelle la place son statut de capitale pauvre, les remèdes apportés sont toujours des emplâtres sur une jambe de bois.

Va-t-on laisser Bruxelles s'enfoncer encore longtemps, en oubliant qu'il y va de la réputation de notre pays tout entier, dont la ville, qu'on le veuille ou non, est la vitrine à l'international? Les institutions bruxelloises sont coûteuses et complexes, d'autant qu'elles sont doublées de 19 administrations communales. Elles vont le revenir encore davantage avec la dernière réforme de l'Etat. Ne serait-il pas temps d'envisager, courageusement et sérieusement, de mettre un peu de rationalité dans cet enchevêtrement de compétences? Et tant pis si c'est (un peu) l'idée de la N-VA. Ce n'est pas à elle de régler les problèmes de Bruxelles. C'est aux Bruxellois, y compris les néophytes en la matière, de reprendre leur destin en mains.

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