Le pari d'Ursula von der Leyen

La Commission européenne prend forme.

"Le temps politique est un temps différent de celui que nous vivons dans le quotidien", a dit Vaclav Havel, ancien dramaturge et Président tchèque. La prochaine présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ne le démentira pas. Peu d’Européens s’en doutent, mais une part de leur avenir est en balance à l’instant même à Bruxelles, où une double crise tenaille l’Union européenne. Le risque d’un Brexit dur, ses conséquences inconnues sur l’économie du continent et la constitution de la prochaine Commission européenne. À quelques semaines des fêtes de fin d’année, l’heure politique est grave.

Ursula von der Leyen a 15 jours pour mettre son équipe en ordre de marche, sans quoi l’Europe sera affaiblie à l’arrivée du Brexit, le 31 janvier 2020.

Ursula von der Leyen a 15 jours pour mettre son équipe en ordre de marche, sans quoi l’Europe sera affaiblie à l’arrivée du Brexit.

Le temps presse. Vingt-quatre membres de cette Commission sont connus. Trois nouveaux candidats étaient auditionnés jeudi au Parlement. Parmi eux, l’ancien grand patron français Thierry Breton, envoyé par l’Élysée, a impressionné. Sapant avec méthode chaque saillie de la gauche, il a enlisé l’un après l’autre ses opposants. Jusqu’à convaincre une majorité de députés.

Thierry Breton a dirigé Atos, Thomson et France Telecom. L’argument du conflit d’intérêt dressé contre sa candidature était, il est vrai, pertinent. Les garanties de transparence, la vente de ses actions et la démission de ses mandats, ont suffi. Et c’est heureux, car l’homme nourrit une vision pour l’Europe manquante à ce jour. Celle de relever le pari des nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle et les technologies quantiques. Celui de créer des groupes industriels capables de rivaliser face aux géants américains et chinois. Tout érigeant un socle de droits sociaux suffisants pour s’assurer, a-t-il dit, que "personne ne reste sur le côté".

Ce pari, la Commission von der Leyen, si elle voit le jour, aura cinq ans pour le réussir. Si elle échoue, l’Europe et ses valeurs s’échoueront un peu plus face à l’ultra-nationalisme de plus en plus agressif.

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