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Le piège de l'euro

Le récent rebond de la monnaie européenne est une mauvaise nouvelle pour les exportateurs ainsi que pour la zone euro dans son ensemble.

Connaissez-vous une monnaie qui chute de quelque 10 % de mai à juin et qui en reprend 9 % par la suite? Sans doute, direz-vous, une monnaie exotique quelconque, habituée à de très amples fluctuations?  Détrompez-vous, il s’agit de notre monnaie, l’euro. Et ces variations brusques ne sont certainement pas du goût des industriels européens. Et encore moins de la Banque centrale européenne, relativement impuissante jusqu’ici face à ces mouvements désordonnés.

La remontée de l’euro depuis le début du mois de juin coïncide avec la mise en place du fonds de soutien aux pays en difficultés au sein de la zone. Certains spéculateurs ont sans doute eu quelques sueurs froides en voyant l’euro ainsi rebondir. On se souvient que quelques grands fonds spéculatifs américains avaient ouvert des positions importantes contre l’euro dans le contexte de la crise grecque. George Soros avait notamment été pointé du doigt, accusé, avec d’autres hedge funds, de vouloir enfoncer la parité de l’euro avec le dollar.

Il a suffi la semaine dernière de quelques mauvaises nouvelles économiques en provenance des Etats-Unis pour voir l’euro flirter à nouveau avec les 1,30 dollar et encourager divers spéculateurs à déboucler leurs positions baissières sur la monnaie européenne. 

Reste à savoir si ce mouvement est durable. Ce qui est douteux. Car, à l’instar de l’économiste Nouriel Roubini, on peut penser que la sortie de crise passe par une baisse de l’euro, puissant dopant pour les exportations, comme le démontrent les chiffres du commerce extérieur publiés lundi (+23 % pour les exportations de la zone euro en mai 2010, comparé à mai 2009).

Le rebond de l’euro constitue donc un piège. Car il devait contribuer à assombrir les perspectives de la zone euro, déjà bien peu reluisantes. De quoi exercer des pressions baissières sur la monnaie. Globalement, les perspectives de l’économie américaine restent d’ailleurs plus favorables que celles du Vieux continent. On devrait en savoir plus lors de l’audition de Ben Bernanke devant le Congrès américain ce mercredi.

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