Le prix de la victoire

Historique, la victoire de Barack Obama dans l’épineux dossier de la réforme de la santé, l’est sans aucun doute même si le président démocrate rêvait d’un changement plus radical. Elle lui vaudra quelques paragraphes élogieux dans les livres d’histoire où il figurera aux côtés de quelques uns de ses illustres prédécesseurs, et de son modèle, Abraham Lincoln, comme l’un des présidents ayant contribué à façonner, en mieux, la société américaine. Bref, pour la postérité, il ne sera pas que le premier président noir des Etats-Unis.

Bruxelles (L'Echo) - Historique, la victoire de Barack Obama dans l’épineux dossier de la réforme de la santé, l’est sans aucun doute même si le président démocrate rêvait d’un changement plus radical. Elle lui vaudra quelques paragraphes élogieux dans les livres d’histoire où il figurera  aux côtés de quelques uns de ses illustres prédécesseurs, et de son modèle, Abraham Lincoln, comme l’un des présidents ayant contribué à façonner, en mieux, la société américaine. Bref, pour la postérité, il ne sera pas que le premier président noir des Etats-Unis.

A court terme, par contre, Obama pourrait payer très cher cette victoire. Les démocrates du Congrès aussi. Si le vote survenu dimanche soir à la Chambre des représentants sonne comme la première grande réalisation d’Obama, après une année de présidence plutôt maigre en résultats, rien ne dit que l’opinion publique saura se montrer reconnaissante.

D’après les sondages, un Américain sur deux ne soutient pas la réforme de la santé, la jugeant trop coûteuse, incompréhensible ou directive. D’ici aux élections au Congrès, en novembre, il ne reste que quelques mois à la Maison Blanche et au parti démocrate pour convaincre les électeurs que cette réforme sera tout bénéfice pour eux et pour leurs enfants.

Or, de nombreuses initiatives visant à assurer une couverture-maladie quasi universelle n’entreront en vigueur que dans les années à venir. Ce sera trop tard pour les élus démocrates dont le siège sera en balance lors des élections du 2 novembre. Ils pourraient dès lors ne plus accepter de mouiller leur chemise d’ici-là, notamment dans le dossier climatique.

Quant à Obama, les électeurs pourraient lui reprocher d’avoir ravivé les tensions entre démocrates et républicains (pas un député républicain n’a voté pour la réforme dimanche). Obama avait dit un jour qu’il était prêt à faire une croix sur un second mandat présidentiel si c’était le prix à payer pour avoir une réforme de la santé. Il est trop tôt pour dire si la note sera aussi salée. Après tout, les Américains pourraient faire preuve de gratitude en 2013...

Catherine Mommaerts

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés