Le problème de Bruxelles? La précarité

Newsmanager

Les chiffres de la vaccination sont trop faibles dans la capitale. Mais ils révèlent des difficultés plus profondes que la seule lutte contre le Covid-19.

Les données sont implacables: Bruxelles compte à peine plus de 60% de vaccinés parmi la population adulte, contre 77% en Wallonie et 88% en Flandre. Chez les ados, le gouffre est encore plus abyssal (21% ont reçu une première dose dans la capitale, contre 54% en Wallonie et 74% en Flandre). Bruxelles a de moins bons chiffres que d’autres grandes villes belges (Anvers, Liège, Charleroi…) ou que d’autres capitales européennes (Paris, Berlin…). C’est un sérieux problème puisque la vaccination reste - on ne le répétera jamais assez - le meilleur rempart contre le Covid-19. Ce retard met en danger la santé des Bruxellois d’abord, mais aussi la possibilité de relancer une vie "normale" et l’activité économique.

Faut-il y voir une mauvaise gestion bruxelloise? Certains, surtout au nord du pays, l’affirment plus ou moins ouvertement. Bien sûr, on peut toujours mieux faire. Mais les autorités régionales déploient déjà des efforts importants pour convaincre: des vacci-bus sillonnent la Région, des influenceurs et des associations sont mobilisés, des actions sont envisagées dans les écoles, etc. Il faut encore amplifier ces actions, notamment auprès des jeunes, quitte à faire du porte-à-porte, comme le suggère le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, dans l’interview qu’il nous a accordée. Pour franchir une étape supplémentaire, il faudrait instaurer la vaccination obligatoire et/ou un pass sanitaire à la française, ce que Bruxelles ne peut envisager seule.

Le vrai problème de Bruxelles, c’est la précarité d’une partie de sa population.

Pour autant, ne confondons pas le thermomètre, les soignants et les causes du mal. Les mauvais chiffres bruxellois en matière de vaccination ne sont qu’une énième facette des difficultés plus profondes de la Région. Le vrai problème de Bruxelles, c’est la précarité d’une partie de sa population, concentrée dans le centre et le croissant nord-ouest. En termes de vaccination, alors que les autorités aux commandes sont les mêmes, cela se traduit par des écarts très nets entre quartiers pauvres (moins de 50% d’adultes vaccinés à Molenbeek) et riches (75% à Woluwe-Saint-Pierre). On retrouve les mêmes mauvais résultats en observant les chiffres des contaminations (en hausse bien plus marquée à Bruxelles qu’ailleurs). Mais aussi dans d’autres indicateurs: chômage, décrochage scolaire, etc.

Un travail de fond et multiforme pour sortir certains publics de la précarité est donc bien le meilleur et le plus durable des remèdes pour améliorer la situation de Bruxelles. C’est aussi sur ce point - plutôt que sur les supposés ratés de la campagne de vaccination - que l’action des différents gouvernements bruxellois successifs est en échec.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés