Le PS joue à la roulette russe

Le PS veut mouiller le PTB en Wallonie.

Alors que les négociations n’ont pas véritablement débuté en Wallonie et qu’Elio Di Rupo et Paul Magnette se disent prêts à discuter avec le PTB jusqu’à la fin juin en vue de former une majorité, le PS fait monter la pression. C’est un coup de poker, audacieux et très risqué. L’idée? Après l’anéantissement du rêve d’une tripartite PS-Ecolo-cdH suite à l’exit des Humanistes, les socialistes testent une autre voie: un gouvernement minoritaire PS-Ecolo avec l’appoint du PTB depuis les bancs du Parlement. Est-elle crédible? En théorie, la mise en place d’un exécutif minoritaire n’est pas interdite. Elle a déjà séduit une série de pays en Europe. Elle reste néanmoins compliquée à mettre en place car elle obligera le gouvernement minoritaire PS-Ecolo à négocier au cas par cas ses projets avec les autres formations politiques comme le PTB, ou le cas échéant le MR et le cdH. Avec quelles assurances? La séquence de fin de législature qui a vu un exécutif MR-cdH minoritaire avait déjà montré ses limites.

Confier les clés de la Wallonie au bon vouloir du PTB est un pari risqué qui pourrait se retourner contre les socialistes.

Que dire alors pendant 5 ans? Avec un PTB qui a d’emblée annoncé qu’il voulait que la Wallonie dénonce une série de principes européens ou un parti communiste qui n’a pas encore démontré qu’il se sentait véritablement prêt et capable de prendre ses responsabilités politiques tant à l’échelon local que régional, cette idée a tout d’une solution bancale. Confier les clés de la Wallonie au bon vouloir du PTB est un pari risqué qui pourrait se retourner contre les socialistes.

À moins que toute cette communication ne soit finalement qu’une stratégie orchestrée depuis le boulevard de l’Empereur en vue de pousser les communistes dans les cordes. Ce jeu de dupes socialiste, probablement destiné à faire passer la pilule d’une alliance avec les libéraux auprès des électeurs de gauche après un échec des discussions avec le PTB, n’est pas moins dangereux. À la veille de la fin des transferts financiers, l’idée d’embarquer le PTB ne devrait pas rassurer les milieux économiques qui s’interrogent sur les capacités de la Wallonie à se redresser.

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