Le PS peut taxer les riches wallons

Un impôt sur la fortune en Wallonie.

Dans la vie politique, il y a un temps pour les slogans et il y a un temps pour l’action. Le parti socialiste ne doit pas l’oublier. Pas question ici de prendre position sur un impôt sur la fortune. Laissons pour l’heure cette question aux fiscalistes. Et concentrons-nous plutôt sur le travail politique.

L’impôt sur la fortune, c’est un peu le Graal pour le PS. Depuis des mois, les caciques du parti ne cessent de justifier cet impôt comme un rééquilibrage nécessaire contre les injustices fiscales. Le slogan est bien ficelé. Elio Di Rupo en a même fait un argument de campagne. Tout comme Paul Magnette qui, du temps où il dirigeait encore le parti, y voyait là un cheval de bataille pour le PS.

Si le parti tient à ce point à un impôt sur la fortune, qu’il passe à l’acte et le fasse en Wallonie.

Et maintenant? Le parti justifie la paralysie du dossier par sa relégation dans l’opposition fédérale… L’argument ne tient pas la route. Le PS a les coudées franches en Wallonie. Il y règne en maître. Et le gouvernement de Paul Magnette dispose de plusieurs leviers fiscaux. Bref, rien n’empêche aujourd’hui les socialistes d’utiliser leur base arrière régionale pour lancer une taxe sur la fortune. Le PS a un boulevard pour exécuter ce point de son programme électoral. Qu’attend-il donc pour le mettre en œuvre?

Si le parti tient à ce point à un impôt sur la fortune, qu’il passe à l’acte en Wallonie et qu’il en assume les conséquences. Et pas question de se cacher derrière le risque qu’une telle politique serait désastreuse pour le sud du pays car pouvant entraîner l’exode des riches wallons vers les autres régions de Belgique où la pression fiscale est moindre. Une telle position tiendrait de l’hypocrisie. La concurrence fiscale, qu’elle se fasse entre Régions ou entre pays, a toujours existé. Or, jusqu’à preuve du contraire, le PS ne s’est jamais vraiment préoccupé d’un tel risque d’exode au moment de défendre un impôt fédéral sur la fortune. Quant au verrou cdH à la Région, c’est un faux prétexte. Si le PS tient à cet impôt, il trouvera les arguments pour convaincre son partenaire. Tout est une question de volonté politique!

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