Le PTB au pouvoir, c'est notre prospérité détruite

De Charleroi à Molenbeek, il n'y aura pas d'alliance PS et PTB. Mais au-delà des querelles partisanes se pose encore la question de l'essence profonde du parti marxiste, et de son intégration dans la démocratie belge.

Les négociations entre PS et PTB à Charleroi, à Molenbeek et ailleurs ont servi de laboratoire pour les deux partis. Leur rupture préfigure une bataille féroce entre les deux formations de gauche au cours de la campagne électorale à venir. Elle instille le doute sur la possibilité de conclure des majorités PS-PTB-Ecolo après les prochaines élections législatives et régionales du printemps, malgré les vœux en ce sens émis par la FGTB. Mais cela n’exclut pas cette hypothèse.

Aujourd’hui, les deux partis n’ont objectivement pas d’intérêt à s’unir. À quelques encablures d’un retour aux urnes, le PS veut montrer que le vote PTB est inutile, il espère récupérer des électeurs déçus, il ne veut pas offrir un angle d’attaque aux autres partis en s’alliant à l’extrême gauche. Le PTB n’a pas non plus intérêt à lisser la radicalité de son discours, qui est son produit d’appel et la clé de son succès électoral. L’heure n’est pas aux compromis. Après le scrutin de mai 2019, ces postures partisanes n’auront plus forcément cours, pour autant que le PTB le veuille.

Derrière de jolies promesses impossibles à financer et de réelles préoccupations sociales respectables, le programme du PTB est un danger pour l’économie belge.

Mais au-delà des jeux politiques du moment se pose la question principielle de l’attitude à tenir vis-à-vis du PTB. Est-il fréquentable? Peut-on négocier avec ce parti? Peut-on s’allier avec lui et le faire monter au pouvoir? Pour nous, la réponse à cette dernière question est non.

D’abord, Raoul Hedebouw a beau être fort sympathique, il reste un doute, au moins, sur le respect des valeurs démocratiques par le PTB. Son fond de commerce idéologique garde des parfums totalitaires. On ne fera certes pas ici de procès d’intention. On se gardera bien d’assimiler le PTB à l’extrême droite dont le cœur du programme et de l’action est raciste et foncièrement antidémocratique. Mais la vigilance s’impose.

Surtout, le principal argument contre le PTB reste son programme politique et économique. Derrière de jolies promesses – impossibles à financer – et de réelles préoccupations sociales respectables, il est un danger pour l’économie belge. Il détruirait notre prospérité, ferait crouler la classe moyenne sous les taxes et nuirait fondamentalement au développement de la Wallonie et de Bruxelles. Croire qu’on peut régler les problèmes à coup de baguette magique est un leurre. Le projet économique du PTB est inefficace, impayable et n’est tout simplement pas viable.


Lire également

Messages sponsorisés