Le refus du racisme ne peut souffrir les jeux politiques

Rédacteur en chef

Lorsqu’un anonyme noyé dans le brouhaha du réel ou du virtuel claironne des inepties, s’en émouvoir revient souvent à offrir une tribune à un idiot.

Quand le président du premier parti au Parlement martèle du racisme ordinaire sur la chaîne la plus regardée du pays, l’ignorer relève de la caution tacite.

Alors qu’Olivier Chastel s’est distancié des propos tenus ces derniers jours par Bart De Wever (stigmatisant notamment "les Berbères"), Charles Michel a condamné fermement, jeudi, devant les députés, le racisme. Politiquement, froidement, cyniquement, les déclarations du nationaliste flamand, du patron du Mouvement réformateur et du Premier ministre correspondent au rôle que chacun s’assigne.

La banalisation du racisme ne peut être tolérée. Fût-elle l’œuvre du partenaire dominant de l’équipe Michel

Dans les sondages, le bourgmestre d’Anvers assiste à l’érosion des sommets électoraux atteints au printemps dernier. Cause vraisemblable: la participation à une majorité fédérale. Réponse: une injection de discours aux relents xénophobes dans les cerveaux pauvres des aficionados dérobés au Vlaams Belang. Côté réformateur, l’esquive à cette parade nuptiale flamingo-raciste a été confiée au président Chastel. Objectif: éviter la contamination gouvernementale en maintenant le débat au niveau des chefs de parti. Résultat: Charles Michel s’est contenté d’une rodomontade parlementaire, se gardant d’égratigner Bart De Wever.

Machiavel aurait sans doute validé la tactique.

Les replis communautaristes, le radicalisme religieux ainsi que les facteurs anxiogènes qu’ils drainent au sein de la population exigent cependant plus qu’une stratégie politique empreinte de silence gouvernemental. La banalisation du racisme ne peut être tolérée. Fût-elle l’œuvre du partenaire dominant de l’équipe Michel.

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