Le retail sur le fil du rasoir

Michel Lauwers

La distribution est le premier secteur touché par les méga faillites.

Les méga faillites ont tendance à croître, en poids économique, depuis cinq semestres sans discontinuer, selon une étude de l’assureur crédit Euler Hermes. L’Europe de l’Ouest et l’Asie sont les plus impactées, mais les Etats-Unis enregistrent les plus grosses culbutes en chiffre d’affaires. Le secteur du retail est le plus touché, devant la construction.

Une bonne part des méga dépôts de bilan dans le secteur du retail est due à la disruption digitale.

Faut-il s’en alarmer? Le risque d’effet domino est important, pointe l’assureur, qui ajoute que nombre d’entreprises concernées sont d’importants acteurs au sein d’une chaîne d’approvisionnement, où ce risque est accru. Au classement général des principales faillites, les Etats-Unis étaient déjà champions toutes catégories avant, avec les banques Lehman Brothers et Washington Mutual, l’énergéticien Enron, le constructeur auto GM  ou l’opérateur télécoms Worldcom.

Crise financière mise à part, on peut les expliquer par la taille du marché américain et par sa conception pointue du libéralisme, où le risque d’échec est largement accepté. La place prépondérante des States dans le top 10 des faillites du début de l’année n’a donc rien de particulièrement alarmant.

Ce qui est plus inquiétant dans la statistique est la place occupée par le secteur de la distribution. Il apparaît fort touché sur les deux rives de l’Atlantique. Après les mauvais résultats du groupe Carrefour  et les plans de restructuration à répétition annoncés dans la distribution en Belgique et aux Pays-Bas, les récentes difficultés du groupe britannique House of Fraser et celles des chaînes françaises de vêtements ont confirmé, si besoin était, combien le problème est structurel. L’essor d’Amazon  et du commerce en ligne y est sans doute pour beaucoup.

Certains experts prédisent déjà la fin des vastes shopping malls et centers, tandis que la plupart des grands distributeurs ont (souvent hâtivement) créé une division d’e-commerce en leur sein, pour stopper l’hémorragie. Autrement dit, une bonne part de ces méga dépôts de bilan est due à la disruption digitale, traduite en commerce à distance. Ce business est en voie de réinvention, mais à un prix qu’on ne soupçonne peut-être pas encore. Reste à espérer que les meilleurs survivront.


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