Le retour des vieilles recettes

Christine Scharff

Discussions au sommet sur les provisions nucléaires

Le Premier ministre Charles Michel et la ministre de l’Energie Marie Christine Marghem ont, une nouvelle fois, engagé de discrètes discussions avec le groupe Engie. Au menu: le délicat dossier des provisions nucléaires. Une fois tous les réacteurs fermés, il faudra des milliards pour les démanteler et gérer les déchets nucléaires. Et il est loin d’être sûr que les 11 milliards d’euros de provisions qui auront été constituées à la fin de cette année y suffiront. Mais Engie n’a pas envie de vivre avec cette épée de Damoclès, ne sachant pas combien il va devoir payer, ni pendant combien de temps.

Ces discussions se passent en mettant hors jeu le gendarme en la matière, la Commission des provisions nucléaires. C’est franchement préoccupant.

Que les deux responsables MR aient accepté de reprendre langue avec le groupe français, après avoir jugé inacceptable leur première proposition concernant ces provisions, qui impliquait une forte réduction du périmètre d’Electrabel, on peut le comprendre. Difficile en effet de couper tous les ponts avec un acteur qui emploie des milliers de personnes en Belgique, qui produit une part significative de notre électricité et qui serait même prêt à discuter de nouveaux investissements dans notre pays.

Mais accepter le retour des bonnes vieilles recettes si souvent utilisées par Engie quand il s’appelait encore GDF Suez, fort friand de ces petits arrangements en coulisses, ce n’est pas la manière la plus transparente de fonctionner – surtout que les deux ministres semblent n’avoir reçu aucun mandat du gouvernement pour ce faire. Ce n’est pas nécessairement, non plus, la meilleure manière de défendre les intérêts de la Belgique et de ses citoyens. D’autant que ces discussions se passent en mettant hors jeu le gendarme en la matière, à savoir la Commission des provisions nucléaires, ce qui est franchement préoccupant. Pourquoi, si le gouvernement veut vraiment bétonner ces provisions, se priver d’une telle expertise dans ce dossier épineux et complexe, alors qu’Engie a envoyé des poids lourds à la table des négociations, parmi lesquels l’inoxydable Étienne Davignon, qui continue à jouer les conseillers pour le groupe français?

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