Le revers de la sécurité

Journaliste

Fin de l’anonymat pour les cartes prépayées.

À la suite des attentats qui ont frappé la Belgique le 22 mars 2016, le gouvernement fédéral a souhaité réagir rapidement. En quelques jours, il a décidé d’un paquet de 30 mesures destinées à protéger le pays du terrorisme. L’une d’elles visait les cartes prépayées. Les opérateurs sont depuis lors tenus d’identifier et d’enregistrer tous les utilisateurs de ces cartes qui pouvaient jusque-là être employées de manière anonyme. Si l’initiative a le mérite de se saisir d’un problème de fond, l’anonymat ayant bénéficié des années durant aux activités peu respectables, se pose toutefois la question de savoir si l’objectif poursuivi sera réellement atteint.

En cherchant à protéger le citoyen, le gouvernement pourrait porter préjudice au consommateur.

En effet, le terrorisme et le grand banditisme semblent avoir abandonné les cartes prépayées au profit d’outils plus performants. Pour n’en citer que quelques-uns, des services de messageries instantanées comme WhatsApp, Telegram… proposent des échanges plus sécurisés que l’appel ou le SMS. À côté de cela, pour les personnes mal intentionnées, il est possible d’utiliser en Belgique une carte SIM anonyme achetée à l’étranger. Si d’autres arguments existent, ces deux éléments témoignent du fait que la mesure du gouvernement ne suffit pas.

Par contre, et c’est là tout le revers de la médaille, cette mesure a suffi à chambouler l’équilibre sur le marché des télécoms. En effet, en définissant le 7 juin comme date limite pour l’enregistrement des cartes prépayées, la pression est montée d’un cran dans le secteur. Et a même eu raison de certains opérateurs. Derniers exemples en date, les opérateurs mobiles virtuels Simyo et celui d’Aldi qui ont annoncé arrêter leurs activités. Un début avant d’autres? La question est posée. Chez les grands opérateurs, rien de plus enthousiasmant. Le stress est palpable à deux mois de l’échéance. Les utilisateurs de cartes prépayées se voient donc proposer des abonnements plus intéressants (mais souvent plus chers), l’idée étant de limiter le nombre de clients qui disparaîtront avec les cartes qui ne sont pas en règle.

En bref, alors que le gouvernement cherchait à protéger le citoyen avec cette mesure, il pourrait à terme porter préjudice au consommateur. Or, il s’agit là d’une seule et même personne…

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