Le roi du CAC 40 mais pas du Bel 20

Journaliste

Albert Frère quitte ce mardi la présidence de GBL

Sur les 33 ans de sa carrière chez GBL , dont une très grande partie en tant que capitaine, Albert Frère aura su "rassasier" ses actionnaires. Son action leur a procuré un return de 6,7% par an depuis 1990 (dividendes réinvestis).

Son plus gros coup spéculatif restera l’opération d’échange de 29,9% de ses parts dans RTL Group au début des années 2000, contre 25,1% du groupe de médias allemand Bertelsmann. En une poignée d’années à peine, il avait permis au premier holding coté à la Bourse de Bruxelles de ramasser une plus-value pharaonique de 2,37 milliards d’euros.

Albert Frère ©BELGA

Il doit à sa capacité de réaliser des affaires d’être arrivé là où il se trouve aujourd’hui. Ce qui fera dire à certains qu’il était avant tout un opportuniste. Certes, il n’était pas un investisseur industriel du gabarit de John Cockerill ou Ernest Solvay, des siècles passés. Il reste qu’à ce jour personne en Belgique, dans le monde de la finance du moins, n’est parvenu à égaler ses performances.

À l’heure de son départ, les commentaires vont toujours bon train sur l’absolue nécessité pour GBL d’avoir cédé les principales pépites de l’économie belge à des groupes étrangers, français en particulier. Petrofina, Royale Belge, Tractebel, BBL et Wagons-Lits sont de celles-là. Elles avaient plus de chances de grandir au sein d’un groupe de plus grande envergure européenne, se plaisait-il à répondre à ses détracteurs.

La cession de plusieurs pépites belges à des groupes français lui a valu le titre de roi du CAC 40 de la Bourse de Paris

Peut-on en outre reprocher à GBL d’avoir géré son portefeuille de participations comme chacun de nous, particuliers, le ferait? Toutes ces opérations de cessions lui ont valu le surnom de roi du CAC 40 de la Bourse de Paris. Petrofina avait été échangé contre des actions du Français Total, Royale Belge contre celles d’un autre Français, UAP, racheté plus tard par AXA, et celles de Tractebel contre des titres Suez, devenu GDF Suez et aussi coté à Paris.

Sans doute aurait-on préféré qu’Albert Frère remporte le titre de roi de l’indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles. Parti de pas grand-chose, le modeste brasseur Interbrew devenu par la suite AB InBev a bien réussi à atteindre une stature internationale et à se trouver parmi les 30 plus grands groupes cotés au monde.

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