Le saut d'index, un saut de puce

Après le blocage des salaires, celui des loyers?

Il fallait s’y attendre. Le principe du saut d’index sur les salaires étant acquis, les syndicats ont immédiatement réclamé une riposte sur le front des loyers, au nom du pouvoir d’achat des travailleurs qui n’auraient pas à être sanctionnés deux fois par "une mesure injuste". Et si la N-VA ne veut pas entendre parler de cette extension de "l’effort de guerre" aux propriétaires, le CD&V et le MR seraient, eux, ouverts à l’idée. Ce serait de toute façon aux Régions d’en décider. Avec, on le devine, une propension à dire plutôt oui au sud du pays, et plutôt non au nord.

On se demande quand même de quoi on parle, et si tout cela est bien logique.

La compétitivité et l’économie belges gagneraient peut-être à des mesures structurelles un peu plus solides.

Passons le fait que d’inflation, il n’en est même pas question pour l’instant, et qu’il faudra probablement attendre plusieurs longs mois avant de sentir l’effet de ces mesures.

Passons aussi sur les arguments du syndicat des propriétaires qui, en bon lobby qu’il est, fait vibrer exactement les mêmes cordes (les petits pensionnés comptent sur leur complément de loyer pour vivre) que les syndicats des travailleurs (qui se saignent pour payer leur loyer), même si c’est pour obtenir le résultat contraire.

C’est oublier cette masse de propriétaires au travail, quelque part entre ces deux clichés mais largement majoritaire (70% de la population belge!), qui a largement profité de la baisse spectaculaire des taux hypothécaires pour refinancer ses crédits.

Finalement, c’est peut-être ça, la vraie mesure de relance. C’est en tout cas le credo de la Banque centrale européenne: abaisser les taux au maximum pour relancer l’économie et éloigner les risques de déflation. Mais en rognant les salaires et demain peut-être les loyers, ce gouvernement fait exactement le contraire, et cela au nom de la compétitivité et de la justice sociale. En lieu et place des sauts de puce dont il est question ici, la compétitivité et l’économie belges gagneraient peut-être à des mesures structurelles un peu plus solides qui pourraient durablement donner envie d’investir, de travailler, d’entreprendre et de consommer.

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