Le "tax shift" ne suffira pas

Journaliste

Le Luxembourg a baissé son impôt des sociétés.

Bien sûr, il a le mérite d’exister. Et son accouchement n’a pas dû être aisé. Oui, le tax shift mitonné par le gouvernement fédéral soigne la compétitivité belge, favorise l’emploi et caresse dans le sens du poil le pouvoir d’achat de certains. Mais plus le temps passe, plus la réforme fiscale mirifique vantée par Michel montre ses limites. Pour deux raisons, au moins.

Le tax shift n’a rien d’une réforme fondamentale de la fiscalité belge tout au plus s’agit-il d’une inflexion.

Il y a, d’abord, ce qui y figure. Et là, que voit-on? Le tax shift n’a rien d’une réforme fondamentale de la fiscalité belge – tout au plus s’agit-il d’une inflexion. Parce que rien n’a vraiment changé. La fiscalité pesant sur le travail reste trop élevée. Avec les conséquences que l’on sait sur l’échappatoire que constitue la voiture de société – un des fléaux de la mobilité en Belgique. La fiscalité verte se fait toujours attendre. Bref, tous les sujets qui étaient brûlants avant l’avènement du tax shift le sont toujours autant actuellement. Et il suffit de lire les recommandations qu’adressent à notre pays les institutions internationales: elles n’ont (presque) pas varié d’un iota. Comment dès lors prétendre que cette réforme (tte) est une révolution? Cela ne tient pas la route. La fiscalité belge reste à réinventer.

Il y a, ensuite, ce qui n’y figure pas. L’impôt des sociétés, par exemple. Certes, le Conseil supérieur des Finances l’a souligné: l’Isoc ne constituait pas un bon candidat pour financer la baisse de la fiscalité sur le travail. Fallait-il dès lors l’évacuer complètement du débat? Non. L’actualité est là pour le rappeler. La Belgique a toujours misé sur une politique de niche, conjuguant un taux théorique élevé et une flopée de régimes d’exception. Un casse-tête, parole de fiscaliste, et pas vraiment un exemple d’équité. Le problème, c’est que ces régimes d’exception se fissurent les uns après les autres. La Commission veut la peau des "excess profit rulings" et les États-Unis ont pris en grippe les intérêts notionnels. On ne voit pas trop comment la Belgique pourra faire l’impasse d’une réforme en profondeur de l’Isoc. Et de sa fiscalité en général.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés