Le Thalys wallon, une compensation historique trop chère

Après plusieurs tentatives visant à l’envoyer sur une voie de garage, la fin de parcours définitive semble être sifflée pour le Thalys circulant sur la dorsale wallonne.

Invoquant des impératifs de rentabilité et de sécurité, le gouvernement fédéral a décrété la suspension de la liaison, exploitée depuis décembre 1997. Mais il ne fait aucun doute que son retour sur les rails est fortement compromis, voire impossible. Car la principale raison invoquée (déficit en hausse) pour justifier sa suspension ne disparaîtra pas.

La SNCB aurait dû tenir compte de la fin du Thalys wallon et offrir des alternatives dans son nouveau plan de transport.

Il a déclenché un train de mécontentement dans le sud du pays, où la mobilisation s’est subitement organisée pour défendre le maintien du Thalys wallon. Mais celle-ci arrive un peu tard pour sauver une activité offerte à la Wallonie, qui avait accepté de voir ses campagnes de l’époque défigurées par les travaux afin de faire passer les lignes à grande vitesse. Cette compensation historique avait un coût, mais on l’avait perdu de vue. Le Thalys wallon affiche une perte de 5 millions et celle-ci devrait monter à plus de 7 millions en raison notamment de la hausse du péage pour l’utilisation des sillons en France. Il y a 15 ans, il n’était pas question d’économie dans les budgets, ni de maîtrise de la dette pour la SNCB. Aujourd’hui, les temps ont changé et la chasse au gaspi est ouverte.

S’il est sain de se poser des questions sur la rentabilité du Thalys wallon, la manière dont sa suppression a été décrétée interpelle. Il aurait fallu organiser une concertation et expliquer davantage le calcul économique aux différents acteurs pour calmer la colère. La même démarche aurait dû être faite vis-à-vis du nord du pays, même si en Flandre, cela fait longtemps que la suppression du train fantôme était intégrée par les différents acteurs. Par ailleurs, la SNCB aurait dû en tenir compte dans l’élaboration de son nouveau plan de transport et proposer plus tôt des alternatives crédibles. Il est aujourd’hui impératif qu’elle s’y attèle rapidement pour faire en sorte que des villes comme Namur, Charleroi et Mons soient mieux connectées à Bruxelles et à Paris (via l’autre Thalys).

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