Les autotests, à quoi ça sert?

Journaliste

Les autotests débarquent en pharmacie. Jusqu'ici, ils ne circulaient qu'en milieu médical ou sous le manteau. Pourquoi ce changement et à quoi vont-ils servir?

Il aura fallu le temps, mais ils sont là, ces autotests, vendus à partir de ce mardi en pharmacie. Des tests de dépistage rapides, identiques à ceux distribués dans les entreprises. À la différence près que la notice qui les accompagne doit se lire dans les trois langues nationales et qu'elle doit être précise, puisqu'ils seront utilisés par le commun des mortels qui n'a pas nécessairement le bagage adéquat pour en maîtriser l'utilisation.

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour autoriser la vente libre de ces tests de dépistage, alors qu'ils le sont déjà dans d'autres pays depuis quelques semaines? On se souvient de la saga des tests sérologiques de Zentech, commandés massivement par le gouvernement il y a près d'un an, mais dont le contrat a finalement été cassé. Il s'agissait là aussi de tests rapides, dont l'efficacité était démontrée, qui montraient la charge virale et immunitaire des personnes testées et qui auraient permis de donner une photo instantanée de la virulence de l'épidémie dans la population. Même cas de figure pour les tests salivaires développés par l'ULiège, dont l'utilisation est restée confinée à l'enceinte du campus.

Ces tests n'ont d'autre utilité que de rassurer la population et, dans une certaine mesure, d'autoriser une vie à peu près normale. Mais dans une certaine mesure seulement. À très court terme et dans le respect des autres mesures de précaution.

Ces tests n'ont d'autre utilité que de rassurer la population et, dans une certaine mesure, d'autoriser une vie à peu près normale.

Paradoxalement, la plus grande utilité de ces autotests se révèlera quand ils donneront un résultat positif. Et qu'ils éviteront ainsi la formation de clusters et la transmission du virus par des porteurs asymptomatiques. C'est on ne peut plus simple: allez en prison (comprenez "en quarantaine") sans passer par la case départ!

Pour les résultats négatifs par contre, cela se corse. Et c'est sans doute pour cela aussi que les gouvernements successifs ont eu peur de les mettre en vente libre.

Si l'on doit mesurer le sentiment de ras-le-bol de la population à l'aune des récents débordements du bois de la Cambre à Bruxelles, du parc de la Boverie à Liège ou du quartier des Blancs-Chevaux à Louvain-la-Neuve, le risque est en effet grand que ces tests rapides servent de blanc-seing pour reprendre une vie sociale, que l'on qualifiera de "débridée" compte tenu des normes en vigueur. C'est-à-dire une vie normale...

Mais un autotest rapide n'est qu'un outil supplémentaire de gestion de cette crise sanitaire. Un outil parmi d'autres pour tenter de maîtriser la propagation du virus. Il doit donc être utilisé comme tel. Même négatif, un autotest n'est pas un vaccin, qui jusqu'à preuve du contraire est le seul sauf-conduit pour sortir de cette crise.

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