Les banques au premier plan

©Kristof Van Accom

Et voilà qu’à la crise sanitaire se greffent une crise pétrolière, une crise boursière et, en bout de course, une crise économique, voire une récession. Après le geste de l'Arabie Saoudite et le confinement italien, les marchés ont pris une solide trempe lundi: fait sans précédent depuis 1997, le S&P 500, l’indice des 500 plus grosses capitalisations boursières américaines, a déclenché son coupe-circuit, un arrêt momentané de ses cotations face à l’affolement des investisseurs appuyant frénétiquement sur le bouton "vendre".

On peut gloser longtemps sur la responsabilité de l’Arabie Saoudite dans cette mouise programmée: comment un acteur pétrolier aussi important a-t-il pu décider aussi brutalement de brader ses prix sur les marchés pour faire la nique à son concurrent/partenaire russe (biffer la mention inutile)? À moins que ce ne soit pour mettre à terre, par effet ricochet, les producteurs de pétrole de schiste américains? À moins que ce ne soit, comme annoncé officiellement, pour soutenir l’économie mondiale en réduisant les prix de l’or noir?

L'atmosphère de panique alourdie 

Contrairement aux États-Unis, en Europe, les plus gros fournisseurs de fonds à l’économie sont les banques.

Toujours est-il que cette nouvelle donne a rajouté une couche de plomb à l’atmosphère de panique qui s’est emparée du monde entier suite à l’émergence, puis à la propagation, du coronavirus. Du coup, les acteurs économiques se tournent vers leurs gouvernements.

Que peuvent-ils faire? La plupart se sont bornés, comme la Belgique la semaine passée et comme l’Allemagne lundi, à des mesures d’accompagnement des entreprises. Le stade des plans de relance paraît prématuré à ce jour.

Il est par contre un secteur qu’il faudra immédiatement aider: le secteur bancaire européen, véritable colonne vertébrale de nos économies. Et là, c’est vers la Banque centrale européenne (BCE) que tous les regards se tournent. Avec la baisse surprise de son taux directeur la semaine passée, la Réserve fédérale américaine a donné un ballon d’oxygène à ses entreprises, qui vont en majorité s’alimenter sur les marchés financiers. Ce n’est pas le cas de l’Europe où les plus gros fournisseurs de fonds à l’économie sont les banques. La BCE, qui se réunit ce jeudi, peut prendre le problème en ciseaux: d’un côté, abaisser le taux de pénalité qu’elle prélève lorsque les institutions bancaires viennent déposer des fonds à son guichet (au lieu de les injecter dans l’économie), et de l’autre, annoncer un vaste plan de financement à destination des plus petites entreprises, celles-là mêmes qui souffriront le plus de la situation. L’annonce aurait en tout cas l’avantage d’instaurer un premier filet de sécurité solide. Après seulement, les gouvernements pourront agir. Mais là, c’est une autre histoire.

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