Les Belges osent à nouveau entreprendre

Journaliste

Parmi les signaux qui se mettent au vert pour la reprise, le nombre de personnes qui se lancent comme indépendant a bondi ces derniers mois. La Belgique aurait-elle mis la crise à profit pour devenir un pays d'entrepreneurs?

On doit se pincer pour y croire. Après avoir bien résisté l'an dernier malgré la crise, la propension du Belge à se lancer comme indépendant semble avoir sérieusement progressé en ce début d'année. Des premières données récoltées par Acerta, dont la caisse d'assurances sociales traite pas moins de 300.000 indépendants, il ressort que sur les cinq premiers mois de 2021, on a enregistré 27% de nouveaux indépendants en plus que l'an dernier.

En 2020, au niveau belge tout entier, le nombre de nouveaux indépendants avait fléchi de 6% selon l'Inasti, alors que chez Acerta il avait marqué un statu quo. Si on fait une règle de trois avec les chiffres de l'Inasti et ceux d'Acerta et qu'on extrapole, on obtient une progression de 19% pour toute la Belgique de janvier à fin mai.

La Flandre reste certes plus dynamique que les autres Régions, tandis que la reprise se marque surtout dans les secteurs gagnants ou indemnes, comme la construction ou le commerce en ligne. Il n'empêche que cette évolution laisse rêveur. Ou plutôt non, elle fait rêver. Elle fait écho au récent optimisme de la Banque nationale sur la vigueur de la reprise. De plus en plus de signaux se mettent au vert.

Les recours massifs l'an dernier au chômage temporaire et au droit passerelle, de même que le moratoire sur les faillites et son prolongement tacite (pour l'instant) ont joué un grand rôle dans ce que les organisations de PME nomment "un retour de la confiance". Les Belges recommencent à oser se lancer dans le bain entrepreneurial. Une partie importante d'entre eux n'hésitent pas, ou plus, à quitter le confort du salariat pour devenir leur propre patron et définir eux-mêmes leur "job description". Pas impossible, d'ailleurs, que le temps de réflexion forcé qui leur a été donné l'an dernier en raison des confinements les ait encouragés dans cette voie.

Une partie importante des Belges n'hésitent pas, ou plus, à quitter le confort du salariat pour devenir leur propre patron et définir eux-mêmes leur "job description".

Les aides, le chômage et le moratoire ont clairement créé des conditions exceptionnelles inédites, qui auront servi de tremplin à plus d'un tenté par l'aventure entrepreneuriale. Reste évidemment à voir ce qu'il va se passer quand les pouvoirs publics retireront toutes les prises. Il faudrait qu'ils le fassent très progressivement, ainsi que le réclament les représentants des PME et des indépendants.

En même temps, ces nouveaux entrepreneurs enregistrés ces derniers mois se sont pour la plupart jetés dans le bain sans aides corona, puisque celles-ci dépendaient des bilans passés. D'où l'hypothèse qu'ils soient plus solides qu'on ne le pense. Le rééquilibrage, s'il doit y en avoir un, devra plutôt porter sur les secteurs les plus touchés, qui restent désertés par les nouveaux entrepreneurs.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés