Les Cassandre de l'immobilier attendront encore un peu

©RV DOC

L'armée des propriétaires immobiliers n’imagine sans doute pas un seul instant que l’on puisse s’attaquer à ses intérêts.

Une nouvelle fois, le marché immobilier belge a réussi à faire taire les pessimistes. Bien sûr, on ne se souviendra pas de 2013 comme d’une année brillante. Cependant, les prix ont continué d’augmenter plus rapidement que l’inflation. A croire que le marché belge résiste à toute épreuve…

Car les risques qui planent sur l’immobilier sont bien réels et les observateurs les plus sceptiques n’ont pas cessé de nous les répéter, d’autant qu’ils sont plusieurs à estimer que le marché est surévalué.

La remontée des taux hypothécaires? Naturellement! Mais elle est restée anecdotique l’année dernière, insuffisante pour impacter la capacité d’emprunt des ménages.

Le comportement des banques? Oui, c’est un fait. Mais le Belge rêve tellement de devenir propriétaire qu’il contourne, lorsque c’est possible, l’attitude parfois frileuse des banques en sollicitant son entourage familial. Le marché immobilier est par ailleurs soutenu par les investisseurs qui n’empruntent pas mais qui transforment une partie de leur patrimoine financier en investissement immobilier, toujours considéré comme sûr et rentable.

L’inflation ? Elle ronge en effet la valeur des actifs… sauf qu’en 2013, elle ne s’est élevée qu’à 1,1%, ce qui permet aux faibles progressions des prix de rester positives en termes réels.

Le durcissement de la fiscalité immobilière? En 2013, il semble qu’il était un peu tôt pour s’en inquiéter. Ou plus fondamentalement, l’armée des propriétaires immobiliers (ils représentent plus de trois quarts de la population belge) n’imagine sans doute pas un seul instant que l’on puisse s’attaquer à ses intérêts. "Un suicide politique pour celui qui osera franchir le pas", entend-on souvent.

Paradoxalement, dans un contexte de taux et d’inflation toujours très bas, le moral des consommateurs s’est, lui, légèrement rétabli l’année dernière. Du coup, tous les astres étaient de nouveaux bien alignés pour soutenir le marché, contre toute attente…

Alors, le croirez-vous si l’on vous disait qu’en 2014, les choses risquent de se corser? Que l’on s’attend à ce que les prix de l’immobilier augmentent moins vite que l’inflation, alors que les taux hypothécaires risquent de (légèrement) remonter et que le nouveau gouvernement pourrait tout de même décider de passer à l’attaque sur la fiscalité immobilière?

C’est en tout cas ce qui nous attend en 2014, selon les observateurs. Rendez-vous dans un an pour voir si, encore une fois, le marché immobilier belge aura réussi à déjouer les pronostics.

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