Les Chinois ont vite appris

Journaliste

Les marchés chinois ont lourdement chuté

En Chine, on ne fait pas les choses à moitié. Ainsi, quand il s’est agi d’adopter les règles du capitalisme, même si ce dernier est parfois qualifié de capitalisme d’État, les Chinois ont également adopté ses dérives. Quel paradoxe que d’ouvrir ses marchés puis de se rendre compte qu’ils ne sont pas suffisamment réglementés. La chute des places boursières chinoises survient après une spéculation débridée reposant sur des prêts accordés trop généreusement. Voilà qui n’est pas sans rappeler l’origine de la crise financière dont nous subissons encore les conséquences aujourd’hui.

Si on cherchait à réunir les ingrédients d’une crise boursière d’envergure en peu de temps, on ne ferait pas mieux

Mais il faut reconnaître aux Chinois cette qualité: quand ils se lancent dans un projet, ils y vont à fond. Si on cherchait à réunir les ingrédients d’une crise boursière d’envergure en peu de temps, on ne ferait pas mieux. Sur un marché boursier de 6.000 milliards d’euros, la Chine a lâché 100 millions d’épargnants ayant accès à des prêts leur permettant de miser cinq fois leur apport réel. Plus de 80% des actions sont aux mains des particuliers chinois. En un an et demi, les indices boursiers de la deuxième économie mondiale ont grimpé de plus de 150%. Pendant ce temps-là, la croissance économique du pays ne cessait de ralentir. Que vouliez-vous qu’il survînt?

On glosera sans fin sur la politique monétaire de la Chine, sur l’attitude du régulateur des marchés boursiers chinois ou même sur la cupidité des épargnants chinois qui, dit-on dans les salles de marché, seraient "joueurs". Mais ce ne sont ni les marchés ni leurs acteurs qu’il faudra blâmer: ce sont, comme en 2008, la cupidité des banquiers et l’incurie des pouvoirs publics. On ne change pas un duo perdant. Prenez des prêteurs avides de profits rapides et des autorités incapables de réglementer suffisamment la finance: vous obtiendrez une crise financière du plus bel effet. Ça commencera en Bourse. Ça s’étendra à d’autres marchés. Puis ça frappera l’économie elle-même. On n’en est pas encore là mais des économistes l’anticipent déjà. À bon entendeur…

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