Les dés étaient-ils pipés?

Demi-surprise que cette fermeture d’Opel Anvers, même si la déception est grande pour les quelques centaines de membres du personnel. Les "négociations" menées avec les différents candidats repreneurs, et notamment les deux derniers présentés encore avant le week-end par Nick Reilly, passent aujourd’hui pour un écran de fumée.

En fait, et l’analyse est certes facile a posteriori, les dés semblaient pipés dès le moment où GM a joué la carte immobilière en même temps que celle de la reprise opérationnelle.

Les deux dossiers étaient pourtant présentés comme sérieux la semaine dernière par le patron de GM Europe dans ces colonnes. Et en l’espace de quelques jours seulement, ces deux dossiers auraient perdu tout intérêt? Seule donc la piste immobilière, la vente du terrain estimée à 200 millions soit la moitié du plan social, garde donc de la valeur aux yeux de GM.

On s’en doute, la décision n’a pas été prise de gaieté de cœur par le groupe de Detroit. Mais mathématiquement, ce choix était sans doute le plus facile à prendre. Une usine considérée comme chère, en fin de vie, puisque le modèle unique qui y était construit était obsolète et un "poids politique belge" réduit par rapport au monstre allemand voisin.

De ce point de vue, la comparaison avec Ford Genk, Volvo Gand et Audi Brussels est intéressante. Et les propos de Nick Reilly résonnent bizarrement face à ceux de Stephen Odell, son homologue de Ford Europe. Ce dernier ne tarissait pas d’éloges sur l’industrie automobile belge, pariant sur son avenir, comme l’a fait avant lui le groupe Volkswagen en passant l’usine forestoise sous la bannière d’Audi. Et pourtant, ces unités de production là étaient aussi en concurrence avec celles d’autres grands pays.

Certes Ford et VW n’étaient pas en 2009 dans la même situation que GM, au bord du gouffre. Et leur besoin de soutien public n’était pas aussi crucial. Mais tout de même, cherchez l’erreur…

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