Les femmes en tête via la France

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Les entreprises publiques ne sont plus seules

Dominique Leroy avait montré la voie il y a cinq ans en endossant le rôle de CEO de Proximus, puis Sophie Dutordoir avait embrayé en 2017 en devenant l’administratrice déléguée de la SNCB. Ilham Kadri renforce aujourd’hui le mouvement en prenant le rôle phare au comité de direction de Solvay. Le signe que les choses changent et que les femmes commencent à briser le plafond de verre pour imposer leurs talents au plus haut niveau.

Après Proximus et la SNCB, c’est une société purement privée qui montre l’exemple.

Le verre reste cependant plus qu’à moitié vide: trois femmes (chez Solvay, Proximus et Engie) sont CEO parmi les vingt entreprises vedettes d’Euronext Bruxelles, beaucoup moins sur l’ensemble des sociétés cotées, et une seule femme préside un conseil d’administration dans le Bel 20, Evelyn du Monceau chez UCB. Mais le principal, c’est que Dominique Leroy ait défriché le terrain, souligne une experte. Comme l’avait fait aussi, il y a peu, Martine Durez au conseil chez bpost. Sous-entendu: une fois que l’exemple est donné, les autres femmes osent davantage prétendre aux plus hautes fonctions. Si c’est vrai, on devrait assister ces prochains mois à une accélération du mouvement.

La nomination d’Ilham Kadri introduit une nouveauté bienvenue dans ce processus. Cette fois, c’est une société belge purement privée qui est à la manœuvre, et plus une entreprise publique comme la SNCB ou semi-publique comme Proximus. C’est important car d’une part, la pression en faveur de l’égalité des genres est sans doute plus forte dans les entreprises contrôlées par l’Etat, qui veut servir d’exemple, et parce que d’autre part, la loi limite la rémunération des CEO des "publiques". De ce double point de vue, le signal solvésien résonne plus fortement: il n’est plus question ici d’obéir à une quelconque injonction du gouvernement, ni de tenir un débat scabreux sur le salaire des femmes dirigeantes; on évolue dans un environnement stratégique grand ouvert. D’aucuns diront que depuis le rachat de Rhodia, Solvay est dirigé par des Français et que cette nomination ne déroge pas à la règle. À quoi on répondra que s’il faut faire un détour par l’Hexagone pour féminiser nos cadres, au fond, pourquoi pas? C’est l’occasion de rappeler que les directions (et les conseils) divers non seulement en termes de genre mais aussi de nationalité, s’avèrent les plus performants…

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