Les femmes s'installent dans les conseils grâce aux quotas

©Sofie Van Hoof

Dans les sociétés cotées, il y a encore de la place pour les femmes.

Il y a aujourd’hui 20% de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées belges. Il y a deux ans, on était à 13%. Il y a dix ans à 6%. Petit à petit, l’oiseau fait donc son nid. Pas la peine de vouloir aller plus vite que la musique, le renouvellement des conseils d’administration ne peut se faire qu’au rythme des mandats, sauf à éjecter quelques messieurs pour accélérer le mouvement. Ce qui ne serait pas la meilleure manière de favoriser une mixité harmonieuse au sein des organes de direction. D’autant que les entreprises n’ont pas le choix: en 2017-18, les conseils devront comporter au moins un tiers de femmes et, si la recommandation européenne est un jour transposée, on passera à 40%.

Les meilleures élèves en la matière sont les entreprises publiques et les sociétés familiales. Les premières n’ont aucun mérite, puisque leur statut prévoit déjà un quota d’administratrices. La présence des Martine Durez (bPost) et Dominique Leroy (Belgacom) à la tête de grosses entreprises a évidemment une importante valeur d’exemple et devrait permettre une transition plus aisée pour les autres femmes. Le cas des sociétés familiales est différent : les femmes y sont souvent bien représentées parce que la présence de la famille au conseil fait partie de la tradition. C’est le cas par exemple de Michèle Sioen, la nouvelle patronne des patrons, qui dirige la société textile familiale aux côtés de sa mère et de ses sœurs.

Si la plupart des grandes familles belges laissent rarement les rênes opérationnelles de l’entreprise à une femme, en revanche elles distribuent les postes au conseil d’administration sans distinction de genre. C’est ainsi que qu’après avoir nommé il y a quelques années l’une des premières femmes à la présidence d’un conseil d’administration (chez Solvac), la mouvance Solvay-UCB place aujourd’hui une femme, Evelyne du Monceau, dans le Top 10 des administrateurs les plus puissants.

Vous rencontrerez peu de femmes qui vous diront qu’au départ, elles étaient totalement favorables aux quotas. Mais la plupart vous diront aussi qu’ils sont un mal nécessaire si l’on veut permettre aux femmes d’enfin vaincre la malédiction du plafond de verre. Le fait que les deux seules catégories dans lesquelles les femmes sont bien représentées soient précisément celles où cette représentation a un caractère imposé plaide en effet en faveur des quotas.

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