Les gros salaires montrés du doigt

©Nima Ferdowsi

Comme chaque année à pareille époque, la rémunération des top managers fait la « une » de l’actualité. Dorénavant, transparence oblige, cette information figure en bonne place dans les rapports annuels des entreprises. Mais cela reste un sujet sensible, qui continue, bon an, mal an, à faire couler beaucoup d’encre. Car quand on parle du salaire des patrons, on est certain d’interpeller le grand public. Pour de multiples raisons, bonnes ou mauvaises. Au-delà de la facilité apparente qu’il y a à jeter en pâture au public des sommes astronomiques, la problématique est en tout cas loin d’être simple.

Bruxelles (L'Echo) - Comme chaque année à pareille époque, la rémunération des top managers fait la « une » de l’actualité. Dorénavant, transparence oblige, cette information figure en bonne place dans les rapports annuels des entreprises. Mais cela reste un sujet sensible, qui continue, bon an, mal an, à faire couler beaucoup d’encre.
Car quand on parle du salaire des patrons, on est certain d’interpeller le grand public. Pour de multiples raisons, bonnes ou mauvaises. Au-delà de la facilité apparente qu’il y a à jeter en pâture au public des sommes astronomiques, la problématique est en tout cas loin d’être simple.
Évidemment, on est choqué de voir augmenter la rémunération d’un top manager qui n’a certes pas ménagé sa peine au cours de l’année écoulée mais qui n’a pas pu empêcher le cours de Bourse de sa société de s’effondrer.
Mais dans le même temps, on ne peut nier qu’un certain voyeurisme se mêle à la pure curiosité intellectuelle liée à la rémunération des grands de ce monde. Les montants en question sont tellement différents du salaire de base que leur hauteur échappe largement à l’entendement. Et le grand public n’est peut-être pas le mieux placé pour juger de l’ampleur des responsabilités et des risques endossés par les chefs d’entreprises. Par rapport aux responsabilités et aux risques d’un champion sportif ou d’une star du rock, par exemple.
De son côté, la Commission Lippens, chargée du respect des règles de corporate governance par les sociétés cotées, a admis que le mode de publication dans les rapports annuels manquait encore de transparence. Largement acquis à la cause de l’autorégulation, les patrons arriveront-ils à temps pour court-circuiter la volonté des politiques d’intervenir dans le dossier ? Car dans plusieurs pays, le dossier semble « mûr ». Les Pays-Bas s’apprêtent à réguler les salaires des top managers via la fiscalité. Et la Suisse s’apprête à organiser une « votation » sur cette question épineuse. En Belgique aussi, certains partis brûlent de s’en mêler. Le ministre des Entreprises a ainsi suggéré que ce soient les actionnaires eux-mêmes qui interviennent en assemblée générale pour fixer la rémunération des dirigeants d’entreprises. Reste à savoir si les actionnaires disposent des informations suffisantes pour faire le poids face à la direction des entreprises. Une question difficile, assurément.

M.M. 

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