Les leçons de l'or

Journaliste

En raflant l'or, Derwael, Thiam et les Red Lions ont donné une jolie leçon de persévérance, d'envie et de gestion de la pression. La Belgique sportive n'a plus peur d'afficher ses ambitions. Une superbe nouvelle. Le monde entrepreneurial a ses champions à suivre.

Il y a cinq ans sur le podium de Rio, l'image avait marqué les fans de hockey. Au moment de recevoir leur médaille d'argent, les hockeyeurs étaient nombreux les yeux humides. Ça se bousculait dans leur tête. Quelques jours après, la fierté de ramener une des six médailles de la Belgique avait finalement pris le dessus. Mais sur le coup, ce n'était pas suffisant. Le sentiment de déception de ne pas avoir atteint la marche ultime l'emportait. Une deuxième place était pourtant presque impensable quelques années plus tôt. La réaction des athlètes, une fois revenus sur le terrain? Scander haut et fort que désormais, ils ne se contenteraient plus que de l'or. Le discours est rare. Encore plus dans la bouche d'un Belge.

En cinq ans, le chemin s'est toutefois précisé. Champions du monde en 2018 en Inde, champions d'Europe l'année suivante à Wilrijk en Belgique, et donc l'or à Tokyo. Ils l'avaient dit (bordel, comme ajouterait l'autre). Ils l'ont fait. L'or en est encore plus brillant. Il est aussi source d'inspiration. Afficher ses ambitions n'est pas de la prétention mal placée, mais plutôt de la persévérance, de l'envie et une bonne dose de confiance. La jolie combinaison gagnante permet souvent de faire des miracles.

Afficher ses ambitions n'est pas de la prétention mal placée, mais plutôt de la persévérance, de l'envie et une bonne dose de confiance.

La bonne nouvelle, c'est que cela peut s'appliquer dans d'autres domaines. En économie par exemple. Les ambitions qui s'expriment souvent en des termes comme "faire partie des meilleurs" pourraient prendre plus souvent des tournures plus courtes, plus tranchantes. Par exemple le souhait de "dominer le marché". Tout simplement. Il y a une semaine, Odoo en était l'un des meilleurs exemples. Il y a une poignée d'années, quand son patron estimait que son entreprise compterait bientôt 10.000 travailleurs, beaucoup trop le prenaient au mieux pour un homme qui avait du mal à visualiser l'avenir, au pire comme un prétentieux.  Ils sont certainement un peu moins nombreux à douter de sa parole aujourd'hui.

Et si atteindre des sommets est un objectif de moins en moins difficile à avouer, encore faut-il pouvoir y rester. Là encore, un coup d'œil vers Tokyo fait du bien. Nina Derwael et Nafi Thiam avaient la pression de toute une nation sur les épaules. Une pression sur le moindre faux pas qui n'a rien d'anodin. Demandez à l'Américaine Simone Biles et ses moments de doute à Tokyo. Nos deux Belges ont, elles, tenu face à la pression et la concurrence. Encore un exemple transposable assez facilement au monde de l'entreprise. La Belgique tient désormais ses champions. Mieux, elle sait aussi les conserver dans le temps.  

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