Les limites de l'Etat de droit

La rhétorique guerrière envahit le débat public.

Cinquième colonne, déchéance de nationalité, levée du secret professionnel dans les CPAS, enfermement préventif des personnes radicalisées, Patriot Act version belge: une certaine rhétorique guerrière s’est emparée de nos politiques. Du moins ceux du nord du pays, car côté francophone, c’est le grand silence estival… La N-VA est particulièrement en verve. Avec en toile de fond, toujours la même question: doit-on sacrifier l’Etat de droit sur l’autel de la sécurité?

La réponse tient, selon nous, en trois points. Premièrement, nos libertés ont été chèrement acquises par les générations qui nous ont précédés. C’est grâce à ces principes hérités des Lumières que l’Europe est un endroit où il fait bon vivre. Restreindre ce cadre n’est pas à entreprendre à la légère. D’autant que c’est précisément ce que recherchent nos ennemis. À ce moment-là, ils auront gagné.

Rien n’empêche de mettre entre parenthèses certaines libertés, le temps que l’orage passe. On parle ici de sauver des vies.

Deuxièmement, vu le niveau de la menace, rien n’empêche de mettre entre parenthèses certains principes et certaines libertés, le temps que l’orage passe et tant que cela se fait dans le respect des règles démocratiques. Après tout, on parle ici de sauver des vies.

Troisièmement enfin, les gens ont été choqués, scandalisés même, par les attentats. Heureusement, le sang-froid prévaut toujours. Point de violence ou de manifestations de haine comparables à ce que peut susciter, dans d’autres parties du monde, une simple caricature. On continue de faire confiance aux forces de l’ordre, aux services de renseignement et à l’appareil judiciaire. Cela étant, la tension est là, la colère parfois aussi. Il faut prendre garde à ce que les gens n’évacuent ce trop-plein dans les urnes. Le discours légaliste étroit ou multiculturaliste moralisateur est juste ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. Les récents scrutins en Europe montrent que les partis d’extrême droite n’ont même plus à se baisser pour ramasser des voix. Or ces partis de sinistre mémoire, l’immense majorité des Européens n’en veut pas. Car à ce moment-là, nos ennemis auront vraiment gagné.

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