Les scandales alimentaires, notre pain quotidien

Nous nous sommes habitués à ces scandales. La Bourse aussi.

Les scandales alimentaires ne cessent de faire l’actualité. Œufs au fipronil, lasagnes au cheval, légumes contaminés, viande avariée. On en passe et des pires. Au point que les entreprises aux prises avec ce type de scandales ne mettent plus systématiquement la clé sous le paillasson. Sauf peut-être quand la tromperie est avérée. Spanghero et Veviba ne sont plus. Mais Ter Beke a déjà surmonté les crises de la dioxine, de la vache folle et de la peste porcine. Greenyard est passé outre le scandale de sa filiale hongroise, contaminée à la listeria. Unilever produit toujours des lasagnes industrielles. Quick vend encore des Giant à la pelle. On boit toujours du Perrier sur les terrasses et du Coca en cannette.

Le consommateur s’est habitué à ces scandales. La Bourse le sait. Elle acte le problème dans le cours. L’entreprise corrige le tir. La production reprend.

La tentation est donc grande de hurler avec les loups. "On nous empoisonne." "Ils s’en sortent toujours." "On ne fait jamais rien." "C’est toujours pire."

Vrai? Faux?

La liste des produits rappelés par l’Afsca n’a jamais été aussi longue. Que faut-il en conclure?

Prenons les faits. La liste de produits litigieux rappelés par l’Afsca n’a jamais été aussi longue. Mais que faut-il en conclure? Que pendant des années des produits contaminés sont passés sous le radar et ont abouti dans nos assiettes? Que, en proie à une pression maximale sur ses coûts, l’industrie agroalimentaire est plus défaillante que jamais?

Ou au contraire que les enquêtes de l’Afsca n’ont jamais été aussi efficaces? Qu’on identifie nettement plus vite l’origine d’une contamination? Que la sonnette d’alarme est désormais tirée le plus en amont possible? Que la récente collaboration avec la justice a permis de mieux appréhender les fraudes?

C’est l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Une question de perception, donc.

Mais ce qui reste en ligne de mire, c’est la santé du consommateur. Si bien sûr le risque zéro est impossible à garantir – nous ne vivons pas dans un monde aseptisé –, c’est néanmoins aux autorités sanitaires et à l’industrie alimentaire de veiller à réduire ce risque au maximum. Et ce dans un contexte européen, voire mondial. L’Afsca a déjà fait des alertes lancées par ses consœurs européennes une de ses priorités. C’est une bonne nouvelle. Car faute de moyens supplémentaires, elle a priorisé ses chevaux de bataille. On attend maintenant que l’ensemble des maillons de la chaîne fassent de même. Pour que face à une industrie internationale, la réponse épouse la même dimension.

Ce devra être le cas tant que les ménages ne consommeront pas davantage local et non industriel. Et là, c’est à nous, consommateurs, de prendre nos responsabilités. Car tant que nous ne le ferons pas, ces scandales seront notre pain quotidien.

Lire également

Echo Connect