Les trois piliers du salaire

Jean-Paul Bombaerts

Faut-il abandonner les hausses barémiques?

Le débat sur la formation des salaires – lisez: les augmentations barémiques – est de retour. Les patrons voudraient se débarrasser de ce qu’ils considèrent comme un carcan, tandis que les syndicats y voient un casus belli. Au-delà des intérêts bien compris des uns et des autres, un double constat s’impose.

Pour la même fonction, les travailleurs de 55 ans gagnent en moyenne 45% de plus que leurs collègues âgés de 30 ans.

Premièrement, en Belgique, la tension salariale, soit l’écart de salaire entre les travailleurs les plus jeunes et les plus âgés, compte parmi les plus élevées d’Europe. Pour la même fonction, les travailleurs de 55 ans gagnent en moyenne 45% de plus que leurs collègues âgés de 30 ans.

Deuxièmement, la Belgique affiche toujours un taux d’emploi insuffisant. Pas de problème pour les 25-49 ans muni d’un diplôme, ils sont 93% à travailler. C’est chez les travailleurs âgés et les jeunes peu qualifiés que le bât blesse. Les coûts salariaux et le manque de flexibilité font que ces personnes sont facilement éjectées du marché du travail.

Faut-il pour autant jeter par-dessus bord le principe du salaire lié à l’ancienneté? Non. Dans un récent Livre blanc, la Vlerick Business School suggère une logique salariale basée sur un mix d’expérience, de performances et de rémunération flexible.

Ainsi, pendant les premières années d’exercice d’une fonction, l’expérience devrait déterminer la rémunération fixe. Avec toutefois un plafond. Car si on ne fixe pas de limite à la relation entre expérience et rémunération fixe, on crée une "cage dorée" pour les collaborateurs moins productifs.

Parallèlement, il conviendrait d’appliquer l’une ou l’autre forme de rémunération au mérite. Les recherches ont en effet mis en avant un lien positif entre incitation financière et performance.

Enfin, il faudrait une dose de sur-mesure grâce à la rémunération flexible. Celle-ci permet de répondre aux besoins d’une population active diversifiée et vieillissante. Le point n’est pas tant quantitatif (financier), mais qualitatif (gestion du temps, pension, mobilité, formation). Tels devraient être les trois piliers du package salarial de demain.

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