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Les vices cachés de Neo

©doc

Après la gabegie du Stade national, celle de Neo?

Au milieu, se dresse l'Atomium. Symbole d'une Belgique qui étalait son ambition, son savoir-faire et sa modernité lors d'une Expo 58 de mémoire. 

60 ans plus tard, le plateau du Heysel, où trône ce monument national emblématique, fait pâle figure. Il est temps de lui donner un nouvel élan. 

Un projet existe. Nom de code: Neo. Depuis une dizaine d'années, les autorités bruxelloises et le PS en particulier tentent de faire passer leur plan. Dans une opacité certaine. En mode bulldozer. 

Désormais, le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close se dit prêt à revoir les plans initiaux. Il pouvait difficilement faire autrement: fervent supporter du projet depuis ses débuts, il a récemment commandé une étude sur la viabilité du centre de congrès de 5.000 places prévu sur le site. Elle conclut que le projet est un gouffre et que l'argent investi servirait mieux en réaménageant les palais des expositions. 

Quels sont exactement les engagements passés avec les promoteurs privés pressentis pour remodeler le Heysel?

Ce n'est pas le seul problème de Neo. Inévitable en Belgique: la lasagne institutionnelle complique également ce dossier. Plusieurs recours sont pendants, dont un de la Flandre. Les accès au méga centre commercial prévu autour... du stade Roi Baudouin posent problème. Et puis, le gigantisme commercial ne paie plus, le modèle de mall à l'américaine a fait son temps. Sans parler des plans de mobilité qui laissent perplexes dans une zone bordée par le ring et ses embouteillages chroniques. Le projet Uplace, prévu à quelques kilomètres de là, n'y a pas survécu. 

Enfin, et ce n'est pas le moindre des vices cachés de Neo: quels sont exactement les engagements passés avec les promoteurs privés pressentis pour remodeler le Heysel? Ce n'est pas faire la fine bouche que de réclamer la transparence. De l'argent public est en jeu.

Alors si les autorités bruxelloises acceptent aujourd'hui de reconsidérer "sans tabou" Neo, elles doivent reconsidérer l'ensemble. Accepter qu'elles se sont peut-être trompées et qu'on a perdu dix ans. Et rebâtir un projet d'avenir, véritablement moderne, en phase avec le développement durable que mérite cette zone historique. Qu'il faille aller de l'avant à Bruxelles, personne n'en doute. Mais pas n'importe comment ni à n'importe quel prix.

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