Les voies de la fiscalité sont impénétrables

©Nima Ferdowsi

Rarement par le passé, les fraudeurs belges se sont sentis aussi cernés.

Offshoreleaks, dénonciations au fisc, listes volées, échange automatique d’informations, loi anti-abus… rarement par le passé, les fraudeurs belges se sont sentis aussi cernés. Au point qu’à bien y regarder, il n’y a plus vraiment pour eux de "safe heaven" où ils peuvent faire fructifier en toute impunité le fruit de leur délit. Pragmatiques et calculateurs, les évadés fiscaux ont bien compris aussi que la DLU Ter qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain leur sera nettement moins favorable. Et c’est un euphémisme…

L’étau ne cessant de se resserrer, ce n’est pas une surprise si l’administration fiscale belge enregistre actuellement un afflux de régularisations. Le cru 2013 s’annonce d’ores et déjà juteux pour les caisses de l’État. Tant mieux. Mais cette stratégie du coup par coup de l’État n’en demeure pas moins bancale, à l’image de la fiscalité de notre pays. Toutes les DLU du monde, toutes les procédures de régularisation ne suffiront pas à éponger l’argent qui a pris des chemins de traverses. La tentation de frauder sera peut-être moindre dès 2014 mais, rassurez-vous, il sera toujours possible sinon de passer entre les gouttes, du moins d’alléger l’ardoise grâce à des conseils avisés.

En réalité, le gouvernement, qui a fait de la lutte contre la fraude fiscale son cheval de bataille, évite soigneusement de s’attaquer à l’essentiel: une remise à plat de notre fiscalité qui est aujourd’hui purement guidée par des considérations budgétaires. Quel cap lui donner? Quel objectif lui assigner? Plutôt que d’empiler les lois fiscales à la va-vite et de rajouter de la tuyauterie à cette usine à gaz qu’est devenu le code fiscal belge, l’État aurait tout à gagner à le rationaliser. Plus la fiscalité est lourde et complexe, plus la tentation et les opportunités de frauder sont nombreuses. Sans compter que cette avalanche permanente de nouvelles règles nuit au contrôle. Donc à la collecte. En simplifiant notre système fiscal, les conséquences budgétaires ne peuvent être que positives.

À quand une DSU? Une déclaration simple unifiée. En voilà une dont on voudrait qu’elle soit permanente.

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