Macron réveille l'Europe

©Aude Vanlathem

Le Président français veut refonder l’UE

Longtemps, les députés européens s’habituèrent à écouter les discours convenus des chefs d’État venus visiter leur bel hémicycle strasbourgeois. Cette fois, l’envolée, celle d’Emmanuel Macron, fit trembler les plus endormis. Et taire, l’espace d’une matinée, les europhobes les plus farouches.

Pour sa première visite officielle, Emmanuel Macron a fait plus qu’agiter la bannière étoilée sous le nez des députés européens.

Pour sa première visite officielle au Parlement, le Président français a fait plus qu’agiter la bannière étoilée sous le nez des députés européens en chantant l’Hymne à la Joie dans l’espoir de décrocher l’une ou l’autre concession. Emmanuel Macron est venu préparer les élections de 2019. Poser les bases d’un nouveau parti politique européen. Et assurer ses arrières pour que ce scrutin ne tourne pas, en France, en sanction de son bilan national controversé, mais se focalise sur son ambitieux projet européen.

Avec éloquence, "Jupiter" a brandi le spectre d’une "guerre civile européenne" causée par les replis nationalistes. Une guerre dont l’Europe, tenaillée par le Brexit, une Hongrie et une Pologne autoritaires, peut sortir grâce à son projet de refondation. Dans la soirée, Emmanuel Macron lançait à Épinal sa "Grande Marche pour l’Europe", l’équivalent européen de son mouvement En Marche!.

Les présidents des deux premiers partis politiques européens, les Allemands Manfred Weber (PPE) et Udo Bullmann (S&D), ont applaudi le discours présidentiel. En coulisses, ils ne lui ont apporté aucun soutien. Angela Merkel est prête à faire tourner le moteur franco-allemand. Mais pas à faire des cadeaux politiques.

Les familles politiques traditionnelles font le gros dos face au président Macron, à défaut d’avoir réussi à mobiliser les Européens autour d’un nouveau projet ces quinze dernières années. Certains députés sont prêts à rejoindre le futur mouvement qui se construit autour de lui et des libéraux dirigés par Guy Verhofstadt.

Les mois à venir diront si cette visite a jeté les bases d’une recomposition des forces politiques européennes. Ou si le destin de la "Grande Marche pour l’Europe" fut de s’arrêter au réalisme du bassin rhénan.

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