Malgré Tina, la peur des hauteurs est là

Chroniqueur

Depuis le début de cette année, malgré diverses incertitudes, l'indice boursier américain S&P 500 a pris quelque 20%. Depuis mars 2020, il a bondi de 100%. Vu l'altitude atteinte par divers marchés, certains gestionnaires de fonds sont manifestement pris d'un certain vertige.

Même si la fameuse Tina («there is no alternative») veille toujours sur les marchés d’actions, les gestionnaires internationaux de fonds semblent devenus plus prudents. Et ils n’ont peut-être pas tort. Après tout, l’indice boursier américain Standard and Poor’s 500 a rebondi de 100% depuis les plus bas niveaux enregistrés en mars 2020 en pleine crise du Covid-19. La bourse américaine n’avait jamais enregistré un doublement de sa valeur de manière aussi rapide depuis 1933, dans la foulée de la crise de 1929!

Que les marchés boursiers reprennent un peu leur souffle après les récents records ne serait nullement aberrant.

Depuis le début de cette année, malgré diverses incertitudes, la bourse américaine a pris 20%, tout comme d'ailleurs l’indice belge, le Bel 20. Le rythme de la hausse semble intenable. Que les marchés reprennent un peu leur souffle dans ce contexte ne serait nullement aberrant.

Lundi, la séance à Wall Street fut assez exemplaire. En dépit du revers historique subi par l’administration Biden en Afghanistan et malgré des statistiques économiques décevantes, tant l'indice Dow Jones que le S&P 500 ont clôturé sur le fil sur des records historiques. Pour ce dernier, il s’agissait même du 49e record de l’année!

Jusqu’ici, les marchés boursiers ont plutôt fait fi des mauvaises nouvelles, pour se concentrer sur la croissance bénéficiaire des entreprises qui est supérieure aux attentes, sur le plan d'infrastructure de Joe Biden et surtout sur la persistance de taux d’intérêt au plancher. Certains ne parlent même plus de Tina, mais de Trina (there really is no alternative): il n’y a vraiment pas d’autre choix que de se tourner vers les actions pour obtenir du rendement.  

Dans le sondage publié mardi par la firme Bank of America-Merrill Lynch, les gestionnaires de fonds interrogés n’en disconviennent pas: l’effet Tina reste toujours bien présent. Mais une plus grande prudence semble de mise, d'autant que la banque centrale américaine devrait annoncer prochainement un ralentissement de ses achats d'actifs. En Europe, les préoccupations concernant l'épidémie de coronavirus sont clairement à la hausse, ce qui pèse sur les anticipations de croissance économique. Et si 51% des investisseurs européens pensent que le "rally" boursier peut se poursuivre jusqu'à l'année prochaine, ils sont désormais 40% à miser sur la fin de la hausse des marchés lors du quatrième trimestre 2021 alors qu'ils n'étaient que 20% le mois dernier. Vu l'altitude atteinte par divers indices, certains gestionnaires sont manifestement pris d'un certain vertige. Malgré Tina, la peur des hauteurs est bien là...

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