Malins comme des singes…

Journaliste

La FGTB ne déclare pas la grève (guerre) générale

L’économie belge a économisé hier 100 millions d’euros. C’est l’estimation "réaliste" du coût économique d’une journée de grève. Certains diront un milliard. Qu’à cela ne tienne. Les entreprises et le gouvernement peuvent dire merci aux… 65% de FGTBistes qui ont voté hier contre la grève générale proposée par leurs collègues le 12 mai prochain.

Soupir de soulagement dans les entreprises, chez les navetteurs (qui ne se casseront pas la tête pour trouver une alternative aux transports en commun), chez les parents qui ne maudiront pas ces profs qui font "de nouveau" grève.

La FGTB n’est pas devenue du jour au lendemain membre du fan-club de la suédoise

Hourra? Non. Que Charles Michel et ses collègues ne rêvent pas. La FGTB n’est pas devenue du jour au lendemain membre du fan-club de la suédoise. Marc Goblet n’ira pas trinquer vendredi à Jodoigne. Il n’offrira pas de muguet à Kris Peeters. Ni à Pieter Timmermans, le patron de la FEB. Depuis Namur, il leur servira plutôt une critique au vitriol. Car la FGTB, comme la CSC, le rappelle aussi, en marge du "non" à la grève: "aucun effort n’est demandé aux grosses fortunes, les employeurs continuent de bénéficier de cadeaux fiscaux sans conditions".

Alors, pourquoi donc les syndicats ne (re)tapent-ils plus un bon coup? Parce qu’ils sont stratégiques. Et malins.

Lundi soir, ils ont même brossé les patrons dans le sens du poil en signant les CCT cadres sur le chômage avec complément d’entreprise et au crédit temps. Ils ont été loyaux et permettent l’application de l’accord social. Il s’agit de ménager les employeurs, avec qui ils doivent négocier les accords sectoriels malgré le saut d’index.

Il s’agit aussi de sauvegarder la concertation sociale. Car syndicats et patrons vont être bientôt appelés à négocier la réforme des pensions. Autant garder une certaine crédibilité pour ajuster le tir quand ils seront à table. Enfin, la FGTB n’a pas voulu rompre le front commun. S’attirer seule les foudres de la population (car des antigrève, il y en a de plus en plus). Car dans un an, il y aura les élections sociales. Et apparaître comme le syndicat le plus radical (surtout en Flandre, là où il est plus faible), ce n’est pas ce qui est le plus vendeur. À la FGTB, on vous le dit, on est malin comme un singe...

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