Martin Buxant

Sur la mérule dans le football belge.

On aurait, dans ces quelques lignes, d’innombrables raisons de pleurnicher, de nous plaindre, de dire le dégoût et la nausée qui nous animent. La colère aussi. Petits et grands, amateurs de football, qui affrontent la pluie, le vent, le froid, pour nous asseoir dans les tribunes et vibrer avec nos équipes de football respectives – peu importe qu’elle soit rouge, bleue ou mauve. De dire la colère qui vit en nous devant ce si triste spectacle d’un sport devenu une comédie, où tout s’achète et se vend, où plus rien n’a d’importance sinon l’argent et l’arnaque. Certains diront: mais cet éditorialiste est naïf. Non! Il pense à ses enfants, aux vôtres, qui aiment le football, le roi des sports. Où est l’honneur de ces gens qui traficotent sur notre dos? Où est le respect qu’ils doivent aux millions de Belges qui aiment le sport, qui se passionnent pour le football?

On pourrait donc – à raison – se plaindre et pleurnicher.

Mais non.

Ces truands ne nous prendront pas notre football.

Soyons fiers. Soyons plutôt fiers de ces enquêteurs, de ces magistrats qui – avec des salaires de misère – luttent contre la corruption qui assassine ce grand sport populaire. On a suffisamment tapé sur la tête du parquet fédéral ces dernières années – entre autres au moment des attentats de Bruxelles – que pour reconnaître aujourd’hui que ces gens effectuent un travail remarquable: aller extirper le mal du football à la racine, traquer et pister les pourris (passez-nous l’expression) et ensuite faire en sorte qu’ils soient punis à la hauteur de ce que ces gens méritent et de la désillusion qu’ils ont créée.

C’est un sport qu’on assassine. À l’heure où l’équipe nationale, les Diables Rouges, réalise des prodiges et où l'on peut compter sur des joueurs d’un talent sans pareil, on ne peut qu’encourager un principe de tolérance zéro pour la corruption dans le sport. On pourrait facilement argumenter que la lutte contre ce fléau ne doit pas être une priorité, que la lutte contre le terrorisme doit primer et qu’elle doit être l’unique priorité des magistrats fédéraux. C’est faux: c’est l’honneur d’un État de droit et d’une démocratie que de permettre à tous de se divertir sans avoir à se demander si tel ou tel match est truqué. On n’est pas dans une république bananière, ces truands sportifs doivent être traqués et punis. Et gardons foi en un sport qui nous apporte tant de joie, de choses merveilleuses, de larmes aussi. Ils ne nous prendront pas notre football.

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