Mauvais arrangement entre amis

La politisation des nominations et les "petits arrangements entre amis" nuisent à l'image de la Banque nationale de Belgique.

Une banque centrale se doit d’être indépendante du pouvoir politique. Et ses dirigeants aussi. C’est le seul moyen pour exercer leur mission dans l’intérêt de la collectivité. Dans cet ordre d’idées, les "petits arrangements entre amis" doivent être purement et simplement bannis. Or, c’est bien un tel arrangement qui a été noué l’an dernier et qui produit aujourd’hui sa dose d’effets pervers. En 2009, dans la discrétion la plus totale, le gouvernement avait désigné les prochains gouverneurs de la Banque nationale de Belgique jusqu’en 2018. Fait unique dans l’histoire, trois gouverneurs étaient appelés à se succéder en l’espace de huit ans, avant tout pour satisfaire l’Open VLD et le CD & V qui soutenaient chacun leur protégé, Luc Coene d’un côté et Jan Smets de l’autre. De manière assez incroyable, les mandats avaient été découpés, saucissonnés: Coene, actuel vice-gouverneur de la BNB, d’août 2010 à mars 2014 et Smets, directeur et chef des études de la BNB, de mars 2014 à janvier 2018. Dans le même temps, on avait poussé Guy Quaden, étiqueté PS, à prendre sa retraite à 65 ans au lieu de 67. 

Patatras, tout cet édifice bancal s’effondre. Alors que Quaden aurait dû quitter la BNB le 5 août prochain, aucun gouvernement n’est apte à nommer pour l’instant son successeur. Et la sortie, avant le scrutin, de Luc Coene sur l’incertitude créée par la N-VA a semé le trouble. Était-ce l’ancien sénateur VLD et ex-conseiller de Verhofstadt qui s’exprimait ou le vice-gouverneur de la BNB? Tout cela n’est pas sain. Pourquoi en ce XXIème siècle qui devrait être celui de la bonne gouvernance, une couleur politique ou un passage par un cabinet ministériel sont-ils toujours nécessaires pour accéder au comité de direction de la Banque nationale?  En cas d’entrée au gouvernement, la N-VA va-t-elle, à son tour, demander un siège dans cette institution très nationale? Toute cette politisation, ces petits arrangements et marchandages nuisent à l’image d’une banque centrale, qui ne mérite assurément pas cela.

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