Mauvais feuilleton chez IBt

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Le feuilleton IBt pose beaucoup de questions sur la façon dont sont traités les petits actionnaires, loin de la transparence à laquelle ils ont pourtant droit.

Bruxelles (L'Echo) - Nouvel épisode dans le feuilleton IBt, société belge spécialisée dans les implants radiothérapeutiques destinés à traiter le cancer de la prostate. Une société technologique, innovante, bref prometteuse mais dont le développement est englué depuis des mois par des problèmes d’actionnariat. Après l’arrivée d’un partenaire et actionnaire allemand, Ezag - avec lequel les synergies étaient évidentes -, les choses se sont pourtant compliquées pour IBt. Avec un peu moins 30 % du capital d’IBt, Ezag a en effet progressivement tenté de prendre le contrôle de la société belge... mais sans en payer le prix. La CBFA et la Justice, appelées à la rescousse, sont alors intervenues, invitant Ezag à lancer une OPA sur IBt, au motif qu’elle la contrôlait bel et bien (en compagnie d’un "partenaire masqué", SMI). Ezag a obtempéré mais semble pourtant avoir continué à tout faire, dans la coulisse, pour éviter de devoir payer le prix fort pour cette acquisition. Jusqu’à se rendre coupable, semble-t-il, de manœuvres illégales visant à manipuler la procédure d’OPA...

Si l’histoire a valeur d’exemple, c’est parce qu’elle pose beaucoup de questions sur la façon dont sont traités les petits actionnaires, loin de la transparence à laquelle ils ont pourtant droit. Et qui se retrouvent face à un choix cornélien - répondre ou pas à l’OPA ? - dont ils ne maîtrisent toutes les subtilités. Rester actionnaires d’IBt? C’est prendre le risque de se retrouver sans aucun pouvoir face à un actionnaire de contrôle qui n’a rien dit du plan stratégique qu’il compte mener ni de ce qu’il fera de la trésorerie du groupe ou de la localisation de son activité. Apporter ses titres à l’OPA, c’est accepter une opération qui manque de clarté et les privera à tout jamais du potentiel de croissance que recèle cette société qui pourrait bien devenir un leader mondial dans son secteur. De là à considérer que les (petits) actionnaires ont le couteau sous la gorge, il n’y a qu’un pas.

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