Ménages et entreprises montrent l’exemple

©Nima Ferdowsi

Les consommateurs et les entreprises assument valeureusement leur part du travail «pour que ça tourne». Le politique, lui, est loin du compte.

Bruxelles (L'Echo) - Déjouant les pronostics des économistes, les entrepreneurs belges affichent un moral en hausse en ce mois de février. Et ce pour le deuxième mois d'affilée après la lourde chute enregistrée en décembre. Du côté des consommateurs, les choses ne se passent pas trop mal non plus, avec un indice de confiance qui progresse également, porté surtout par le bon état du marché de l'emploi. On ne peut que se réjouir de ce résultat, compte tenu du contexte conjoncturel délicat, marqué par la flambée des prix et la crise sur les marchés financiers.

Les entreprises investissent, embauchent et font des bénéfices. Il faut s'en féliciter et non s'en indigner. De leur côté, les ménages travaillent et, malgré la hausse des prix, continuent de consommer. La baisse de régime dans le commerce de détail, que laisse entrevoir le baromètre de la Banque nationale, porte en effet sur les prévisions de la demande et non sur l'activité proprement dite, qui reste satisfaisante.

Tant les entreprises que les consommateurs accomplissent ainsi valeureusement leur part du travail «pour que ça tourne», c'est-à-dire pour préserver les fondamentaux de notre économie en ces temps difficiles. Sans cet apport des uns et des autres, les mécanismes de création de richesse, indispensables au financement de nos besoins collectifs, risquent de se gripper.

Reste le politique qui, lui, n'assume pas sa part du travail, c'est le moins que l'on puisse dire. Six mois d'immobilisme politique nous ont valu une image dégradée à l'étranger, une ambiance électrique entre les deux communautés du pays et le retour au déficit après huit années consécutives de finances publiques en équilibre. Louper l'équilibre budgétaire (-0,3%) avec une croissance économique de 2,7%, comme ce fut le cas en 2007, est tout simplement inexcusable.

Quant à l'exercice 2008, il semble pour l'instant mal engagé. A moins d'un sursaut des négociateurs au conclave qui démarre ce week-end, on voit mal comment la situation peut être rétablie en un tour de main. Renouer avec l'équilibre serait déjà en soi un exploit.

Mais ce n'est pas l'équilibre qu'il faut. L'objectif préconisé par le Pacte de stabilité et le Conseil supérieur des Finances,  c'est un excédent de 0,5%. Soit l’effort minimum pour relever les défis de demain (vieillissement et compétitivité) et pour épargner à nos enfants une facture qui ne les concerne pas.


Jean-Paul Bombaerts
Journaliste Economie et Politique

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