Mettre les mains dans le cambouis

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Passation de pouvoirs à Bruxelles-Capitale

C’est un exploit que l’on peut attribuer à Charles Picqué: on a rarement autant parlé de Bruxelles qu’aujourd’hui, alors que son ministre-président emblématique vient de sortir de charge. Ce qui est intéressant, c’est que, cette fois, les véritables problèmes arrivent sur le devant de la scène. Car on a encore en mémoire les déclarations de Didier Reynders et Laurette Onkelinx, pas toujours en phase avec le quotidien des Bruxellois. Le premier insistait sur le rôle de Bruxelles en tant que capitale de l’Europe et grande ville internationale, tandis que la seconde parlait institutionnel, statut et région à part entière. On voit bien l’enjeu: si ces deux-là débarquent dans la capitale, ce n’est pas pour s’occuper de la collecte sélective des sacs poubelles. D’ailleurs, ils n’ont pas tort: on ne peut pas nier l’importance du défi institutionnel auquel Bruxelles est toujours confrontée. Pour l’organisation patronale bruxelloise Beci, c’est l’une des trois "bombes" que le nouveau ministre-président Rudi Vervoort devra désamorcer.

Mais le Beci identifie deux autres menaces, plus graves encore: la "bombe sociale" et la "bombe économique". C’est là que s’accumulent les maux dont souffre Bruxelles et dont, à l’heure de dresser le bilan des gouvernements Picqué, on commence enfin à oser parler. Des maux comme: démographie galopante, propreté déficiente, mobilité catastrophique, enseignement inadapté, multiculturalité mal gérée…

Il ne sert plus à rien de se mettre la tête dans le sable. S’occuper de Bruxelles, c’est sans doute un peu salissant et ce n’est pas seulement une joute politique. S’occuper de Bruxelles, c’est mettre les mains dans le cambouis. De préférence avec une connaissance approfondie du terrain. 

Il n’est pourtant pas inutile que les responsables politiques de la capitale disposent d’une certaine stature. Car ils devront pouvoir, avec les deux autres régions, aborder des questions que Bruxelles, enfermée dans ses 19 communes, ne peut pas régler seule: démographie, mobilité, enseignement, employabilité des jeunes… En tout cas, si l’on veut que Bruxelles conserve son prestigieux statut international.

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