Mettre un terme au court terme

Ce dimanche, quelque huit millions de citoyens se sont rendus aux urnes. Singularité de notre démocratie de facto scindée en deux: seuls environ cinq millions d’entre eux ont réellement pu peser sur ce qui est l’enjeu politique numéro un de ce scrutin: le score de la N-VA.

Le résultat du parti de Bart De Wever est en effet la clé de voûte de tout l’édifice politique belge. Le fait que la N-VA soit incontournable – ou pas – pour former une majorité, d’abord au Parlement flamand et ensuite à la Chambre, va conditionner en grande partie les prochaines coalitions possibles et donc l’avenir du pays. Plus les nationalistes flamands seront puissants, plus la formation d’un gouvernement fédéral sera compliquée. Dans un contexte de ralentissement économique, la Belgique a pourtant tout intérêt à éviter l’immobilisme né d’une potentielle longue crise institutionnelle.

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Les enjeux de ce triple scrutin ne se limitent évidemment pas aux seuls faits d’armes de la N-VA. Pouvoir d’achat, fiscalité, Justice, immigration, enseignement, immobilier…: autant de questions majeures susceptibles d’orienter le choix des citoyens. Deux enjeux nous semblent toutefois sortir du lot en raison de leur caractère systémique. Autrement dit, ils représentent des défis existentiels pour la société, en Belgique comme en Europe. Il s’agit du climat et de la montée des extrêmes.

Le résultat du parti de Bart De Wever est la clé de voûte de tout l’édifice politique belge.

Le climat tout d’abord. La thématique a dominé largement la campagne électorale, poussée notamment par les manifestations hebdomadaires des jeunes. La réalité s’impose: il faut agir d’urgence. Cela implique des changements profonds dans la façon dont nous gérons notre énergie, notre mobilité, notre environnement. Un challenge, certes, mais il recèle aussi des opportunités économiques. On ne pourra réussir qu’en mobilisant tout le monde, entreprises comprises. Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser.

La montée des extrêmes ensuite. Le succès des populistes, des marchands de simplismes, des revendeurs de haine et de peur de l’autre fait florès partout en Europe, au point de menacer nos démocraties. En témoigne, chez nous, le succès annoncé du Vlaams Belang ou du PTB ainsi que la force de la N-VA (laquelle puise au moins en partie dans ce registre). Il faut s’attaquer aux racines du mal, par exemple en créant du lien social ou en réenchantant le projet européen. Ici encore, la responsabilité en incombe à chacun et elle commence par aller voter et ne pas déposer dans l’urne un bulletin pour les partis extrémistes.

Pour faire face à ces défis, il faut de l’action, de l’ambition, de la vision, de l’innovation. Il y a quelques semaines, dans L’Echo, un parterre des plus importants entrepreneurs du pays ne disait pas autre chose. Il appelait à transcender les clivages et à dépasser le court-termisme. C’est ce qu’on attend de nos nouveaux élus.

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