Michel a intérêt à s'en remettre

Benoît Mathieu

Une majorité alternative à la Chambre

Diantre! Comment faire? Impossible de reculer: tous deux sont allés trop loin. Presque étonnés de leur propre audace. Et surpris que l’autre, en face, ne soit pas impressionné et ne cède pas suite à cette séance de musculation.

Et voilà, au final, MR et N-VA bien embêtés. Ne pouvant perdre la face, forcés de tenir bon et ne souhaitant pas réellement la chute de ce gouvernement – ou à tout le moins, désireux de ne pas en payer le prix.

C’est comme cela que naît ce que l’on appelle le compromis à la belge. À classer quelque part entre le génie créatif pur et le bricolage indigne.

De quoi permettre, ici, à la Belgique de grimper à bord de ce fameux pacte de l’ONU en faveur d’une migration "sûre, ordonnée et régulière". Tout en conservant, dissimulée dans le dos, une main avec les doigts croisés.

Car oui, fort du vote exprimé ce mercredi à la Chambre par une majorité alternative, embarquant cdH, Ecolo-Groen et sp.a tout en laissant à quai la N-VA, Charles Michel pourra se rendre à Marrakech comme il l’avait exprimé à la tribune des Nations Unies.

Sauf qu’il y sera muni d’un mandat émanant du Parlement et non de son gouvernement. Au-delà de la querelle constitutionnelle, quelle entourloupe politique!

Voilà pour l’immédiat. Mais après celui de Marrakech, pour lequel la Belgique vient de sauver les meubles, voilà que se profile déjà le chapitre New York. Ou une résolution portant ce pacte sera soumise au vote. Sur quel pied dansera alors notre pays? Mystère, encore. La piste d’une abstention circule, laissant une porte ouverte pour plus tard, au cas où la Belgique irait un jour au bout de ses ambitions. Cette séquence donnerait à chacun l’illusion de sauver partiellement la face, même si personne n’est dupe.

La seule façon de sortir par le haut de cet épisode pas très glorieux est de s’en remettre rapidement.

Tout ce cirque pour garder en vie cette coalition suédoise. Pour qui la seule façon de sortir par le haut de cet épisode pas très glorieux serait de s’en remettre le plus rapidement possible. De tourner la page et de conserver un exécutif en ordre de marche. Capable de gouverner jusqu’au bout, de trancher ou d’avancer dans les dossiers sensibles qui subsistent – et ce n’est pas cela qui manque.

De nous éviter, en somme, une sorte de gouvernement "zombie", paralysé par la rancœur et plongé dans un état d’affaires courantes qui ne diraient pas leur nom.

Auquel cas, cette mauvaise farce n’aura vraiment servi à rien. Si ce n’est à compliquer la formation de la future équipe fédérale.

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