Mieux cibler la veille sur les prix

Il faut plus de cohérence dans la réforme de la concurrence.

Il y a un an, la énième hausse des prix de l’énergie puis des augmentations malheureusement concomitantes du prix de la pils par plusieurs brasseurs avaient heurté l’opinion.

Fort de l’accord de gouvernement, qui avait ouvert la voie, le ministre fédéral de l’Économie avait repris la balle au bond et annoncé la prochaine réforme du Conseil de la concurrence.

À l’époque, cela semblait logique: le Conseil et l’Observatoire des prix semblaient manquer de réactivité et de pouvoir face aux actions d’entreprises susceptibles d’être définies comme abus de position dominante ou ententes sur les prix. Ce projet incluait déjà cette possibilité de blocage des prix par la nouvelle Autorité de concurrence sur base d’un rapport de l’Observatoire. On ignorait toutefois l’étendue de la mesure.

Aujourd’hui, on apprend qu’elle sera très large et visera tout type de prix. Le secteur de la distribution s’inquiète à juste titre de ce retour au contrôle des prix, tel que la Belgique le pratiquait abondamment avant 1993.

Depuis, on croyait que nos édiles, fussent-ils socialistes, avaient compris l’intérêt d’un marché libre où l’évolution des prix résulte naturellement du jeu d’une concurrence équilibrée. Certains prix sont toujours encadrés, certes: divers médicaments, des implants… Mais pour le reste, le seul garde-fou est — était — précisément cette institution veillant à contrer les cartels et les ententes.

Certains secteurs continuent de mériter une grande attention à cet égard: les industries de réseaux, surtout, parce qu’elles sont constituées au départ d’infrastructures monopolistiques (énergie, télécoms). On aurait dès lors pu concevoir que ce nouveau rôle de contrôle des prix soit dévolu et limité à ces secteurs. Dans une logique de concurrence, cela serait resté cohérent.

On aurait même pu élargir la notion d’industrie de réseaux aux secteurs qui bénéficient de l’appui de gigantesques centrales d’achat. Mais en l’étendant à tous les pans de l’économie, on mine les conditions d’exercice de la libre concurrence.

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